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Corée: les entreprises du Sud ne craignent pas les menaces du Nord

Un soldat sud-coréen contrôle une voiture sur la route qui mène à un complexe industriel nord-coréen, dans la ville frontalière de Paju, le 8 avril 2013.

Un soldat sud-coréen contrôle une voiture sur la route qui mène à un complexe industriel nord-coréen, dans la ville frontalière de Paju, le 8 avril 2013. - -

Notre envoyé spécial en Corée du Sud a visité plusieurs entreprises du pays. Il y a constaté que la rhétorique guerrière nord-coréenne est le cadet des soucis des travailleurs sur place.

Les tensions sont toujours plus vives en Corée. La Corée du Sud et les Etats-Unis ont relevé leur niveau d'alerte alors que le Nord pourrait à tout moment effectuer un ou plusieurs tirs d'essai de missiles. Mais en ce moment à Séoul, tout près de la frontière, les entreprises ne sont pas particulièrement inquiètes.

A Paju, une ville située à quelques kilomètres de la frontière, se trouve une usine du groupe LG où sont fabriquées des télévisions. Là-bas, on est plus préoccupé par les prochaines générations d’écrans ultra haute définition que par la "guerre thermonucléaire" promise par Kim Jong Un. Pourtant, le site est en première ligne. Pour s’y rendre, on longe des barbelés et des guérites de soldat, tout près de la zone démilitarisée entre le Sud et le Nord.

16.000 travailleurs opèrent sur ce site industriel, et pour eux, c’est "business as usual": les menaces du Nord n’ont aucun impact. Quand on évoque le sujet devant des responsables de l’entreprise, ils se mettent à rire, comme si l'on venait de prononcer une énormité.

Tout le monde est au travail, "tout fonctionne normalement", explique-t-on sur le ton de l’évidence. Ici, on s’étonne que les Occidentaux donnent plus d’importance à cette affaire que la Corée du Sud elle-même.

Les autorités de plus en plus convaincues qu'il va se passer quelque chose

A Séoul, même constat, pas d'inquiétude particulière. Dans la capitale, les menaces n'empêchent personne de dormir, ni d'aller au travail. Il suffit de voir les bouchons le matin ! Dans une autre usine, à une heure de Séoul, où l'on fabrique des téléphones cette fois, 10.000 travailleurs s’activent sur les chaînes de montage. La Corée du Nord est bien le cadet de leurs soucis.

Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de tir, les autorités semblent même de plus en plus en plus convaincues qu’il va se passer quelque chose, simplement les Sud-Coréens ne sont pas inquiets. Et ils donnent tous le même argument quand on leur pose la question : cette rhétorique guerrière, ces provocations incessantes, cela fait soixante ans que la Corée du nord leur rejoue le même couplet. Ce qui explique que, danger ou pas, les Sud-Coréens prennent tout cela avec un peu de distance et une pointe d’ironie.

De notre envoyé spécial en Corée du Sud et Anthony Morel