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Consommation, production... Une reprise en V s'amorce-t-elle aux Etats-Unis?

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Les derniers indicateurs américains sont bien orientés, notamment la consommation des ménages qui connaît une progression record en mai.

Alors que tous les observateurs confirment une reprise assez lente en Europe du fait de l'atonie de la consommation des ménages, aux Etats-Unis, une reprise en V, rapide et puissante, s'amorce-t-elle? 

Plusieurs indicateurs semblent aller dans ce sens. La consommation justement repart en mai sur les chapeaux de roues alors que de nombreux Etats de l'union ont assoupli le confinement.

Les ventes au détail ont ainsi affiché une hausse record à +17,7% (sur un mois) qui met fin à trois mois de repli, selon les données du département du Commerce publiées mardi. 

Les ventes de vêtements flambent de 188%

En mai, les ventes au détail ont représenté 485,5 milliards de dollars contre 412,6 milliards (révisé en hausse) en avril, a-t-il précisé dans un communiqué. La hausse enregistrée en mai est nettement supérieure aux attentes des analystes qui tablaient sur une progression de 9%.

L'augmentation est tirée par de nombreux secteurs qui avaient été quasiment mis à l'arrêt dans un effort pour endiguer la pandémie de Covid-19. Ainsi, les ventes de vêtements et d'accessoires ont bondi de 188% sur un mois, celles de l'ameublement de 89,1%, les ventes des appareils électroménagers de 50,5%, les ventes dans le secteur du sport, de la musique et des livres ont augmenté de 88,2%.

Enfin, les ventes de voitures et pièces détachées ont bondi de 44,1%.

La production manufacturière se redresse

Côté production industrielle, un rebond est également constaté avec +1,4% en mai après une chute de 12,5% en avril et de 4,6% en mars. La seule production manufacturière affiche un rebond de 3,8% le mois dernier. Dans l'automobile par exemple, 2,73 millions d'unités ont été produites, contre 90.000 en avril.

Reste que sur un an, la production industrielle accuse un repli de 15,3% et la production manufacturière une baisse de 16,5%, précise la Fed. Par ailleurs, si l'utilisation des capacités du secteur industriel a augmenté de 0,8 point de pourcentage pour s'établir à 64,8% en mai, ce taux est très inférieur (-15 points de pourcentage) à sa moyenne à long terme (1972-2019) et de 1,9 point de pourcentage inférieur au plus bas enregistré lors de la Grande Récession.

L'emploi se redresse également avec la création de 2,509 millions de postes en mai après 20,687 millions de suppressions de postes en avril, un chiffre sans précédent.

Ce rebond inattendu permet au taux de chômage de se replier à 13,3% contre 14,7% un mois plus tôt, son plus haut niveau depuis 1948. Il était encore à 3,5% en février, son niveau le plus faible depuis 50 ans. Attention néanmoins, ces chiffres sont à prendre avec quelques pincettes...

Mais au global, une "grande incertitude" entoure le moment et la vigueur de la reprise, estime le patron de la Fed. "L'économie ne se rétablira que si la population juge que l'épidémie est maîtrisée", ajoute-t-il.

Rappelons que la Fed s'attend à une chute de 6,5% du PIB en 2020. La banque centrale américaine table néanmoins sur un rebond de 5% en 2021. Quant au chômage, il devrait atteindre 9,3% cette année pour redescendre à 6,5% en 2021.

Olivier Chicheportiche avec AFP