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Chypre sous la menace d'une sortie de l'euro

"Des étrangers et des Chypriotes font la queue pour retirer de l'argent devant un distributeur de la Laiki Bank, dans le centre de la capital Nicosie, le 21 mars 2013.

"Des étrangers et des Chypriotes font la queue pour retirer de l'argent devant un distributeur de la Laiki Bank, dans le centre de la capital Nicosie, le 21 mars 2013. - -

Au bord de la faillite, l'île est censée présenter ce jeudi 21 mars un plan B après le rejet de la taxe sur les comptes bancaires par le Parlement. Objectif: trouver 6 milliards d’euros pour bénéficier de l’aide financière européenne.

En principe, c'est le jour J pour Chypre. Les dirigeants du pays doivent se prononcer ce jeudi 21 mars sur un plan B pour éviter à l’île la faillite à laquelle elle est promise. Ils doivent proposer une alternative à la taxe sur les dépôts bancaires. Rejetée mardi par le Parlement, elle devait rapporter 6 milliards d’euros, condition sine qua non à l’octroi d’une tranche d’aide internationale de 10 milliards d’euros à Chypre.

Les banques chypriotes, fermées depuis samedi, ne rouvriront pas avant mardi 26 mars. Les autorités craignent en effet une ruée aux guichets de clients inquiets et une fuite massive de capitaux. Il est encore possible de retirer de l’argent aux guichets, mais tous les virements sont bloqués.

>> Ce Live est maintenant terminé, vous pouvez lire un compte-rendu de cette journée ici

19h30 - La Banque centrale chypriote a proposé une restructuration du secteur bancaire de l'île. La Banque centrale "a recommandé la présentation en urgence au Parlement et l'application immédiate d'un cadre législatif sur la réorganisation et la relance du système bancaire chypriote", a déclaré Panicos Demetriades

18h30 - La Popular Bank limite les retraits. La deuxième banque de Chypre et l'une des plus menacées de faillite dans les prochains jours en raison de son exposition à la dette grecque, a annoncé ce jeudi soir une limitation à 260 euros par jour des retraits à ses guichets automatiques.

17h18 - La première banque de Chypre appelle à un accord urgent avec l'Eurogroupe. "L'économie de Chypre est au bord de la ruine et dans un état fragile", a déclaré Bank of Cyprus dans un communiqué. "La prochaine étape pourrait marquer son salut ou sa destruction", a ajouté la banque.

16h34 - Une conférence téléphonique sera consacrée à Chypre, jeudi soir, à 19h00, heure française. Le chef de file de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a annoncé la tenue de cette réunion sur son profil twitter, en deux langues (néerlandais et anglais).

7 PM #Eurogroup conference call, taking stock of situation #Cyprus. Statement on #Eurozone Portal afterwards: eurozone.europa.eu
— Jeroen Dijsselbloem (@J_Dijsselbloem) 21 mars 2013

15h56 - Un plan B sera présenté en conseil des ministres à 18 heures (17 heures en France) ce jeudi, a annoncé le porte-parole du gouvernement chypriote Christos Stylianides. Le projet de législation sur un fonds de solidarité, qui se substituerait à la taxe sur les comptes bancaires, est toujours en préparation. Aucun détail n'a encore été fourni sur la façon dont il se financerait et les montants qu'il pourrait recueillir.

15h19 - L'UE évoque le risque d'une sortie de Chypre de l'euro. Selon un responsable de l'Union européenne, en l'absence d'accord sur une taxe sur les dépôts bancaires, soit les banques les plus importantes devront fermer, ce qui lèsera les déposants non-assurés, soit Chypre devra quitter la zone euro.

"Nous pouvons faire beaucoup pour éviter des dégâts fondamentaux tels une sortie de l'euro, nous et surtout la BCE , mais si le pays ne coopère pas, il se retrouvera tout simplement en manque de liquidités et alors il n'aura pas d'autre choix que de commencer à imprimer sa propre monnaie", a-t-il déclaré.

14h18 - Les responsables financiers de la zone euro seraient en "pleine pagaille". C'est ce qu'affirme l'agence Reuters, citant le compte-rendu d'une téléconférence qu'elle a pu consulter. Cette réunion téléphonique réunissait les membres du groupe de travail de l'Eurogroupe, qui comprend des ministres délégués aux Finances ou les responsables du Trésor des 17 pays membres de la zone euro, ainsi que des représentants de la Banque centrale européenne et de la Commission européenne.

14h01 - "Tout ce que nous faisons vise à éviter une banqueroute de l'économie chypriote". La commissaire européenne chargée des Droits Fondamentaux, Viviane Reding, a défendu la gestion de la crise chypriote par Bruxelles, lors d'une conférence de presse à Athènes. Elle a ajouté qu'au vu de l'ampleur du système bancaire à Chypre, "si les banques font faillite, l'Etat fait faillite".

13h41 - L'Union européenne demande à Chypre d'instaurer un blocage des capitaux pour éviter la faillite aux banques de l'île. Ces dernières sont fermées, mais des ordres ont été donnés pour virer des milliards d'euros placés dans ces établissements dès leur réouverture.

"Les autorités chypriotes ont trois choses à faire d'ici mardi: présenter un plan B crédible et viable pour remplacer le plan de sauvetage rejeté par le Parlement, instaurer un blocage sur une longue période des capitaux placés dans les banques, et préparer la fusion entre les deux principales banques en difficultés", a expliqué sous couvert d'anonymat une source européenne à l'AFP.

Le risque, sinon, serait une sortie de Chypre de la zone euro. Pour cette source, la crédibilité bancaire de Chypre est d'ores et déjà ruinée, et plus aucun investisseur n'ira plus y placer ses fonds.

13h18 - La Commission européenne "convaincue" qu'une "solution ordonnée est toujours possible". Pour Simon O'Connor, porte-parole du commissaire européen en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, "la situation est sérieuse et il est de la plus grande urgence de fournir de la clarté sur la façon d'aller de l'avant". Mais Bruxelles reste convaincu "qu'une solution bien gérée et ordonnée est toujours possible", a-t-il précisé au cours d'un point presse.

12h52 – François Fillon critique le principe de la taxation des comptes bancaires. En visite à Moscou à l’occasion d’une conférence internationale, l’ancien Premier ministre français dénonce le plan de sauvetage européen de Chypre "non pas parce qu'elle viendrait léser les intérêts russes, mais parce qu'elle vient affaiblir un principe qui a été à l'origine de la lutte que nous avons menée pour sauver le système financier mondial" après la crise de 2008, a-t-il déclaré.

"Si on estime que la fiscalité du capital à Chypre n'est pas suffisante, qu'elle est différente de celle des autres pays européens, alors il faut réformer la fiscalité à Chypre", considère-t-il. En revanche, il ne faut pas "prendre une décision qui puisse donner l'impression que l'on pourrait dans d'autres pays, demain, s'en prendre aux dépôts et aux épargnants", a souligné François Fillon.

12h30 - La validité juridique de la création d'un fonds de solidarité est examinée à Nicosie. Le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides, indique que cette proposition du président de la République été unanimement acceptée par les chefs de partis. Le texte est actuellement examiné sur le plan technique par les services juridiques de l'Etat.

12h26 - Pourquoi faut-aider Chypre ? Quel est le principe de la taxe sur les comptes bancaires ? En quoi le système bancaire chypriote est hors du commun ? Toutes les réponses dans notre dossier sur la crise chypriote.

11h59 - Chypre exclut toute taxe sur les dépôts bancaires : la réunion entre le président et les chefs de partis politiques chypriotes vient de se terminer. Ils déclarent ne plus envisager de taxer les dépôts bancaires.

Par ailleurs, un porte-parole a annoncé que le pays allait créer un fonds d'investissement dans le cadre du plan de sauvetage.

11h14 – La crise à Chypre constitue "un risque systémique" capable de déstabiliser l'ensemble de la zone euro. C’est ce que pense le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem. "Nous devons travailler à un programme qui mettra fin à ce risque", a-t-il déclaré devant le Parlement européen. Pour y parvenir, il défend la "contribution" réclamée aux déposants, mais appelle à ce que les gros épargnants soient plus sollicités que les petits.

10h53 – Fitch met en garde sur le risque de contagion induit par la taxe sur les dépôts bancaires augmente le risque de contagion. Elle estime que cette taxe constitue un "précédent" dangereux. "Nous avons placé la note des banques chypriotes sous perspective négative", explique l'agence, dans un communiqué, pour refléter le potentiel risque de défaut qui se présenterait dans le cas où ces banques feraient face à des retraits massifs.


>> Le 18 mars, le Parlement chypriote votait contre la taxe sur les comptes bancaires. Ci-dessous en vidéo, les enjeux de ce rejet

10h19 - la BCE fixe une échéance à Chypre. L'institution accepte encore de verser des liquidités aux banques chypriotes jusqu'à lundi. Passé ce délai, les établissements de l'île ne pourront bénéficier des fonds d'urgence de la BCE qu'à une condition: "qu'un plan d'aide de l'Union européenne et du FMI soit en place et permette d'assurer la solvabilité des banques chypriotes", explique la BCE dans un communiqué.


8h56 - La Banque centrale de Chypre assure que les relations économiques avec Moscou sont ''saines". "Dire que les liens entre nos pays reposent sur des activités économiques illégales n'a pas de fondement", a déclaré Panicos Demetriades, le gouverneur de la Banque chypriote, au journal russe Vedomosti. Il refuse de considérer que son pays ne fait que blanchir l'argent déposé dans ses banques. Il a, par ailleurs chiffré, les avoirs russes dans son pays entre 4,2 et 10,2 milliards d'euros, soit des estimations bien inférieures à celles de l'agence Moody's (31 milliards de dollars).

8h25 - Moscou menace de réviser à la baisse ses réserves en euro : Dimitri Medvedev menace, le Premier ministre russe, affirme que Moscou était prêt à réduire la part de l'euro dans les réserves russes, dans le cas où la crise chypriote lèserait les intérêts russes. José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, est à Moscou ce jeudi pour rencontrer Dmitri Medvedev.

Le titre de l'encadré ici

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>> L’ESSENTIEL

• Chypre et l’UE décident le 16 mars de taxer les dépôts bancaires du pays

• Le Parlement chypriote rejette le texte le 18 mars

• Chypre doit trouver une alternative pour récolter 5,8 mds€

• Le président chypriote annonce une décision pour jeudi 21 mars

Nina Godart et BFMbusiness.com