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Chypre: le spectre de la taxe sur les dépôts bancaires est de retour

Chypre doit trouver une solution d'ici à lundi.

Chypre doit trouver une solution d'ici à lundi. - -

Michael Sarris, ministre chypriote des Finances, a déclaré ce vendredi 22 mars, que l’éventualité d’une taxation des dépôts bancaires est "clairement sur la table". Chypre a jusqu’à lundi 25 mars pour trouver une solution.

Chypre n’a plus vraiment le choix. Le pays doit trouver d'ici lundi 25 mars 7 milliards d'euros, condition au déblocage par la troïka d'une aide de 10 milliards qui lui éviterait la faillite.

La Banque centrale européenne (BCE) a indiqué qu'elle n'apporterait plus de liquidités d'urgences aux banques chypriotes à partir de lundi faute d'un accord acceptable sur le sauvetage de l'île.

Pour cela, l'éventualité d'une taxation des dépôts bancaires à Chypre est de retour. "Je crois que c'est clairement sur la table, c'est quelque chose qui doit être débattu pour voir si une taxe sur les dépôts, sous quelque forme que ce soit (...) pourrait contribuer à finaliser le plan", a déclaré ce vendredi 22 mars le ministre chypriote des Finances, Michael Sarris.

Les leaders chypriotes discutent avec les bailleurs de fonds internationaux d'une taxe de plus de 10% sur les dépôts bancaires dépassant 100.000 euros, a déclaré ce vendredi un responsable du parti au pouvoir. "Nous tentons de préserver les fonds (de retraite) de Cyprus Popular Bank, qui sont valorisés à plus de 600 millions d'euros", a dit la source.

Le "Plan B" que les responsables chypriotes tentent d'élaborer pour obtenir un plan de sauvetage européen envisage une taxe de 15% sur les dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros, a annoncé vendredi soir la télévision publique chypriote.

Par ailleurs, l'agence de notation financière Moody's a abaissé la note - de Caa2 à Caa3 - de trois grandes banques chypriotes (Bank of Cyprus, Cyprus Popular Bank et Hellenic Bank), invoquant des risques de nouveaux contrôles des dépôts lors de leur réouverture et de pertes pour les déposants.

La Russie refuse d'aider Chypre pour l'instant

Pour tenter d'éviter la faillite à leur pays, les autorités chypriotes avaient conclu le 16 mars à Bruxelles un accord sur un plan de sauvetage prévoyant une taxe inédite sur tous les comptes bancaires de l'île, allant jusqu'à 9,9%, censée rapporter 5,8 milliards d'euros selon l'Eurogroupe.

Mais cette mesure avait provoqué un tollé et, malgré un amendement en vue d'épargner les petits épargnants, elle a été rejetée mardi par le Parlement.

"Il doit être clair pour tout le monde, citoyens, politiques et en particulier les 56 membres du Parlement, que dès lors qu'il s'avère qu'il n'y a aucune autre alternative immédiate, il ne devrait plus y avoir de retard dans l'adoption de la proposition de l'Eurogroupe d'imposer une taxe sur les dépôts supérieurs à 100.000 euros, pour sauver le secteur bancaire", a affirmé le directeur de Bank of Cyprus, Andreas Artemis, dans un communiqué.

La mesure semble d'autant plus inévitable que l'option russe caressée par Nicosie afin d'obtenir une partie de l'aide nécessaire s'est refermée.

Après deux jours de discussions à Moscou avec le ministre chypriote des Finances Michalis Sarris, la Russie, dont les liens économiques avec Chypre sont très forts, a indiqué ne pas être intéressée par les propositions de Nicosie.

Diane Lacaze