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Chypre: et maintenant?

Une publicité pour une banque russe sur le long de la route du port de Limassol à Chypre en novembre 2012.

Une publicité pour une banque russe sur le long de la route du port de Limassol à Chypre en novembre 2012. - -

Nicosie doit trouver un autre moyen de récolter près de 6 milliards d’euros pour bénéficier de l’aide européenne dont elle a cruellement besoin. Le président chypriote doit s'entretenir avec François Hollande ce 20 mars.

François Hollande s'entretiendra en fin de matinée avec son homologue chypriote Nicos Anastasiades ce 20 mars. Au lendemain du rejet de le taxation des dépôts bancaires du pays par le Parlement, Nicosie est dans l’impasse. Cette mesure constituait la contrepartie à l’aide européenne pour l’île au bord de la faillite.

Le plan initial, décidé avec la zone euro et le FMI, prévoyait une taxe exceptionnelle sur tous les comptes bancaires. Celui présenté aux députés exonérait les dépôts inférieurs à 20.000 euros. Il devait rapporter 5,8 milliards d’euros.

Le projet avait provoqué un tollé à Chypre et au-delà. Notamment en Russie, particulièrement visée : des milliards d’euros de fonds de particuliers et de sociétés russes font des petits dans les banques de l'île, réputée pour sa fiscalité avantageuse.

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Désormais, si Nicosie veut toucher les 10 milliards d’euros que ses partenaires européens ont accepté de lui prêter, elle va devoir trouver rapidement d'autres moyens de se procurer près de 6 milliards d’euros.

Les créanciers de l’île ont fait savoir après le vote du Parlement que leur offre tenait toujours tant que Chypre respectait sa part du contrat. Aujourd’hui, ils attendent une contre-proposition.

Dans ce but, une réunion d’urgence se tient, ce mercredi matin, entre les différents chefs de partis chypriotes, à la demande du président de droite, Nicos Anastasiades. Ils doivent examiner des solutions alternatives.

Gazprombank propose son aide

Chypre pourrait envisager l'émission d'obligations ou restructurer ses banques. Une autre alternative pourrait venir de Russie. Le ministre des Finances, Michalis Sarris, se trouve à Moscou ce mercredi pour rencontrer le président russe, Vladimir Poutine.

Les deux hommes doivent discuter des modalités d’étalement du remboursement d’une dette de 2,5 milliards d’euros de Nicosie envers son partenaire. Mais selon le quotidien Vedomosti, l’autre sujet à l’ordre du jour est le soutien renforcé de Moscou. La banque russe Gazprombank, détenue à 41% par le géant public gazier Gazprom, aurait proposé à Chypre de lui accorder un crédit en échange de licences d’exploitation de prometteuses réserves de de gaz naturel au large de l'île.

En attendant un nouveau plan, les banques chypriotes, fermées depuis samedi, le resteront jusqu'à jeudi. La Bourse de Nicosie a annoncé la suspension des échanges mardi et mercredi.

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Nina Godart (texte) et Mariam Pirzadeh (video)