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Chute de tension sur le marché pétrolier à cause du coronavirus

Le WTI et le Brent ont chuté de 16 et 12% depuis le début de l'année

Le WTI et le Brent ont chuté de 16 et 12% depuis le début de l'année - FEDERICO PARRA - AFP

L'épidémie de pneumonie virale a provoqué une grosse chute de tension sur les marchés pétroliers en proie à leur pire mois depuis mai 2019 à New York, et novembre 2018 à Londres. Une situation qui pourrait bouleverser le calendrier du cartel de l'or noir.

Les deux barils de référence, le WTI coté à New York et le Brent coté à Londres, ont subi une forte baisse depuis le début de l'année: respectivement 16% et 12%. Les cours avaient pourtant encore bondi il y a quelques semaines au pic des tensions entre Iran et Etats-Unis.

"Les prix du pétrole ont été extrêmement vulnérables à l'épidémie" du nouveau coronavirus, remarque Craig Erlam, analyste du courtier en ligne Oanda. Plus elle "se propage, plus l'impact économique potentiel et l'impact sur la consommation de pétrole sont importants", ajoute-t-il.

Apparue en décembre à Wuhan, au centre de la Chine, l'épidémie de coronavirus s'est largement propagée dans le pays et a contraint les autorités à prendre des mesures drastiques à même de ralentir son économie, la deuxième au monde. Et la situation s'aggrave de jour en jour: le bilan de plus 300 morts a déjà dépassé le nombre de cas lors de l'épidémie du Sras. La croissance chinoise avait alors été amputée de 2% aux premier et second trimestres 2003.

La Chine, deuxième consommateur mondial de brut 

Sur la période du 15 au 22 janvier, les importations chinoises de pétrole ont plongé de près de 2 millions de barils par jour par rapport à la moyenne de janvier 2019, et de 3 millions de barils par jour par rapport au début de l'année 2020.

La Chine est le deuxième consommateur mondial de brut et elle joue donc une rôle crucial dans l'équilibre d'un marché déjà fragilisé. Les perspectives d'une baisse de la demande surviennent au moment où l'Opep lutte pour soutenir des prix pétroliers déjà fragilisés par l'offre pléthorique d'or noir et la croissance mondiale qui ralentit. 

Interrogé par l'agence officielle algérienne APS, le ministre de l'Energie, Mohamed Arkab, a indiqué comme "très probable" l'avancée à février de la rencontre "afin que nous puissions trouver les moyens d'assurer l'équilibre du marché". Mais cette information n'a pas été confirmée par le cartel, joint par l'AFP.

Le groupe et ses alliés de l'Opep s'étaient quittés en décembre en programmant une "réunion extraordinaire" début mars, alors que le cartel a plutôt l'habitude de se retrouver tous les 6 mois. Avancer la réunion à la fin février pourrait avoir l'effet inverse qu'escompté et envoyer un signal de "panique" au marché, estime Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank

Si une baisse supplémentaire de la limitation volontaire de production, ou au moins une prolongation de celle-ci après mars, reste la principale arme du cartel pour soutenir les cours, elle pourrait ne pas emporter l'adhésion de ses membres ni de son principal allié, la Russie.

Sandrine Serais avec AFP