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Camouflet électoral pour les alliésde Merkel en Bavière

Angela Merkel plus que jamais fragilisée après la perte de vitesse dans le Land de Hesse

Angela Merkel plus que jamais fragilisée après la perte de vitesse dans le Land de Hesse - Bernd von Jutrczenka - Dpa AFP

Le recul électoral historique de la CSU, les alliés conservateur d'Angela Merkel, ainsi que celui des sociaux-démocrates lors des élections régionales bavaroises, fragilisent la chancelière et la Grande coalition à Berlin.

L'Union chrétienne sociale (CSU), alliée bavaroise des conservateurs de la CDU d'Angela Merkel, a subi dimanche son plus grave revers électoral depuis 1950 lors d'élections régionales. La CSU a obtenu 37 % des voix. Elle perd ainsi sa majorité absolue pour la deuxième fois seulement depuis 1962. Les Verts (die Grünen) arrivent en deuxième position avec près de 18 %, et apparaissent comme les grands gagnants du scrutin, suivis du parti d'extrême-droite, Alternative pour l'Allemagne (AfD) qui fait son entrée au parlement régional avec 10,6% des voix. Les Freie Wähler (électeurs libres) obtiennent 11,6 %. Les sociaux-démocrates du SPD, avec 9,5% des voix, perd la moitié de ses électeurs, les libéraux du FDP 5% et Die Linke (La gauche) 3,5%.

Un vote de portée nationale

« L'épicentre de ce séisme politique est en Bavière, mais il peut provoquer un tsunami qui balayera le gouvernement fédéral » écrit Der Spiegel sur son site internet. Ce score de la CSU risque en effet de semer la discorde au sein du parti, qui était déjà un partenaire difficile pour la chancelière. Son chef de file Horst Seehofer, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement d'Angela Merkel ne cesse de critiquer la politique migratoire de la chancelière et ces tensions ont à plusieurs reprises failli faire exploser la Grande coalition. Le revers que sa formation a subi dimanche pourrait l'inciter à se montrer encore plus ferme à l'égard d'Angela Merkel. Dimanche soir, Horst Seehofer a admis une « part de responsabilité » dans le « mauvais résultat » de son parti, mais le président de la CSU s’est en effet empressé d’ajouter que « les causes » de ce revers se trouvaient aussi « à Berlin », sous-entendu à la chancellerie. Alors que l'avenir de Ernst Seehofer à la tête du parti reste en suspend, le ministre président de la Bavière, Markus Söder, a lui été adoubé ce lundi matin lors d'un réunion du parti à Münich comme candidat à sa succession.

Angela Merkel fragilisée

Angela Merkel est aussi fragilisée sur son flanc gauche, puisque ses alliés sociaux-démocrates ont eux aussi subi un cuisant revers en perdant 10 points par rapport au précédent scrutin régional. La présidente du parti Andrea Nahles a reconnu ce dimanche qu’il s’agissait d’un « très mauvais résultat » pour le SPD. « L’une des principales causes » de cette déroute était « la piètre performance de la grande coalition à Berlin » et l’incapacité de son parti « à se libérer des querelles incessantes entre la CDU et la CSU » a-t-elle analysé. Les observateurs s'attendent donc à un durcissement des relations entre les deux partis. Ces dernières semaines, plusieurs responsables du SPD se sont interrogés sur la pertinence de rester ou non au sein du gouvernement. Mais au vu des récents sondages, où ils sont crédités de 16 à 17% des voix, les sociaux-démocrates n'ont pas intérêt à quitter la grande coalition et à provoquer des nouvelles élections législatives. Le Contrat de coalition signé en février dernier par la CDU/CSU et le SPD prévoit une « évaluation » du travail gouvernemental début 2020. Mais certains souhaiteraient qu’elle ait lieu dès les prochains mois.

En attendant en Bavière, la CSU, qui a perdu sa majorité absolue doit se trouver un partenaire pour former une majorité au parlement régional. Elle démarre ce mercredi des discussions en vue d'une alliance avec les Freie Wähler, petit parti conservateur qui avait fait campagne sur des problématiques très locales. Un signe de plus, s'il en fallait, de l'échec de la dérive droitière de la CSU et de sa focalisation unique sur les thèmes sécuritaires et migratoires.

La REDACTION