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Cameron veut geler les impôts des Britanniques

David Cameron a maintenant les coudées franches pour mener à bien son programme économique

David Cameron a maintenant les coudées franches pour mener à bien son programme économique - Janek Karcynsky - AFP

Le Premier ministre a glissé dans le discours de la Reine Elizabeth II, la promesse d'une loi qui fera en sorte qu'aucune hausse d'impôts ne soit décrétée dans les cinq années à venir.

David Cameron en avait fait la promesse durant la campagne pour les élections législatives: aucune hausse d'impôt ne sera décidée s'il est réélu. Ce mercredi 27 mai, le Premier ministre britannique se donne les moyens de tenir cette promesse. Il va ainsi faire voter une loi pour garantir un gel des impôts sur les ménages jusqu'en 2020.

La Reine Elisabeth II l'a annoncé elle-même dans son traditionnel discours prononcé devant les parlementaires britanniques.

Les coudées franches pour David Cameron

"Une loi sera mise en place (...) pour assurer qu'il n'y aura pas de hausse des taux de l'impôt sur le revenu, de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ni des prélèvements sociaux lors des cinq prochaines années", a ainsi déclaré Elizabeth II. Ce "discours de la reine" permet de présenter officiellement la feuille de route fixée par le gouvernement.

David Cameron avait promis pendant sa campagne électorale d'instaurer cette mesure en cas de victoire au scrutin du 7 mai, que son parti a largement remporté face aux travaillistes, permettant aux conservateurs de conquérir la majorité absolue à la Chambre des communes.

Le gouvernement va en outre élever le plancher d'imposition de quelque 2.000 livres à 12.500 livres (17.600 euros) d'ici à 2020 et garantir que les employés gagnant le salaire minimum ne paient aucun impôt sur le revenu sur leurs 30 premières heures de travail par semaine.

Arrivé au pouvoir en 2010, David Cameron a désormais les coudées franches, les libéraux-démocrates (centre) lourdement défaits aux élections étant sortis de la coalition gouvernementale qu'ils avaient formée avec les conservateurs pendant cinq ans. Le grand parti de la droite britannique peut désormais appliquer en intégralité son programme visant à donner à la priorité "aux gens qui travaillent", quitte à rogner sur les prestations sociales.

Le gouvernement prévoit ainsi d'abaisser de 3.000 livres par an le montant maximal des prestations sociales versées aux familles, à 23.000 livres (32.500 euros). Avec cette mesure et de nombreuses autres encore à définir, il envisage d'économiser au total quelque 12 milliards de livres par an sur les versements d'aide sociale - après les avoir sabrés de près de 20 milliards de livres par an lors de la précédente législature.

David Cameron et son chancelier de l'Échiquier, George Osborne, ont en effet promis que l'Etat britannique parviendrait à dégager un excédent dès l'année budgétaire d'avril 2018 mars 2019.

Le Royaume-Uni s'est récemment attiré un froncement de sourcil de la Commission européenne, qui lui a reproché de ne pas avoir fait assez pour réduire son déficit public, qui a atteint 5,2% lors de l'exercice budgétaire 2014-2015.

Le Trésor britannique a répondu que le pays avait divisé par deux ce déficit depuis son pic atteint en 2009-2010, lorsque le gouvernement travailliste de Gordon Brown avait élevé les dépenses pour faire face aux conséquences de la crise financière internationale.

J.M. avec AFP