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Bruxelles rejette encore le budget de l’Italie

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte et le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini lors d'une conférence de presse le 15 novembre à Rome.

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte et le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini lors d'une conférence de presse le 15 novembre à Rome. - FILIPPO MONTEFORTE / AFP

La décision de la commission européenne ouvre la voie à des sanctions financières contre l’Italie dont le projet de budget 2019 prévoit un dérapage des comptes publics. Rome n’a pas l’intention de céder.

Bruxelles persiste et signe : la commission européenne a de nouveau rejeté le projet de budget 2019 de l’Italie ce mercredi 21 novembre, ouvrant la voie à une « procédure de déficit excessif », qui peut déboucher sur des sanctions financières.

« Risque d'instabilité »

« Dans une situation d’endettement très élevé, l’Italie prévoit essentiellement d’importants emprunts supplémentaires au lieu de la prudence budgétaire requise », a expliqué le vice-président de la Commission européenne. Selon Valdis Dombrovskis, il y a « un risque que le pays s’enfonce aveuglément dans l’instabilité ». Dans son rapport, Bruxelles estime notamment que ce budget ne permettra pas de réduire sa dette, qui s'élève à 130 % du PIB. La décision de Bruxelles était attendue : la Commission avait déjà rejeté le budget italien le mois dernier. Ce projet table en effet un déficit public à 2,4% du PIB en 2019 au lieu des 0,8% prévu par le gouvernement précédent.

Rome ferme mais « ouvert au dialogue »

Rome avait alors signifié son intention de ne pas céder ; elle ne compte toujours pas modifier son projet : « La lettre de l’UE est arrivée ? J’attends aussi celle du Père Noël », a ironisé le vice-premier ministre italien Matteo Salvini, leader de la Ligue. « Nous répondrons à l’UE poliment ». Matteo Salvini s'est néanmoins dit ouvert au dialogue sur les investissements, mais pas sur le déficit budgétaire ni sur la réforme des retraites. De son côté, le président du Conseil italien Giuseppe Conte est resté ferme : « Nous sommes convaincus par les chiffres de notre budget. Nous en parlerons dans un an », a-t-il déclaré après l'annonce de la décision de Bruxelles.

Vers des sanctions financières ?

La « procédure de déficit excessif » pourrait être lancée en décembre ou janvier après avoir reçu le feu vert des autres Etats membres. L’Italie pourrait alors se voir infliger des sanctions financières correspondant à 0,2% de son PIB, soit quelque 3,4 milliards d'euros, en théorie l'été prochain. Mais la sanction des marchés financiers pourrait forcer Rome à revoir sa copie.

Giuseppe Conte, s'est d’ailleurs dit « préoccupé » par le « spread » (l'écart de rendement entre les emprunts d'Etat italiens et allemands), ajoutant que le gouvernement y répondrait par des réformes, sans préciser lesquelles.

Delphine Liou avec AFP et Reuters