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Brexit : vers une sortie de l'impasse ?

La Première ministre britannique Theresa May et le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Bruxelles le 20 février.

La Première ministre britannique Theresa May et le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Bruxelles le 20 février. - JOHN THYS / AFP

À l’approche du Brexit, l’Union européenne serait prête à faire un geste pour sortir de l'impasse. Plusieurs sources diplomatiques évoquent une « déclaration parallèle », qui permettrait de souligner le caractère temporaire du filet de sécurité irlandais et de rassurer ainsi les députés britanniques.

À l’approche du Brexit, l’Union européenne va-t-elle faire un geste de dernière minute pour sortir de l’impasse ? Le communiqué publié hier à l’issue de la rencontre entre Theresa May et Jean-Claude Juncker laissait en tout cas la porte ouverte à ce scénario.

« Déclaration parallèle »

Certes, Theresa May s’est heurtée une fois de plus à un mur : Bruxelles a refusé, sans surprise, de modifier le traité de retrait et notamment le dispositif qui doit éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande. L’UE a rejeté sa demande de borner dans le temps le filet de sécurité (« backstop en anglais ») ou de permettre au Royaume-Uni d’en sortir de manière unilatérale.

En revanche, selon plusieurs sources diplomatiques, les 27 seraient prêts à modifier la déclaration politique qui accompagne ce traité, ou plus exactement à écrire une sorte de « déclaration parallèle » ou « outil d’interprétation ». Ce texte, légalement contraignant, soulignerait le caractère fondamentalement « temporaire » de ce filet de sécurité si controversé outre-Manche.

« Nous cherchons à actualiser la déclaration sur les relations futures entre l'UE et le Royaume-Uni après le Brexit, afin de donner plus d'importance aux 'arrangements de substitution' voulus par la Grande-Bretagne », a déclaré un diplomate européen. « Mais un texte définitif ne sera pas présenté à Theresa May avant le 28 février », a-t-il ajouté.

Rassurer les députés britanniques 

L'objectif de cette déclaration parallèle serait de rassurer les députés britanniques inquiets de voir le Royaume-Uni coincé indéfiniment dans l'union douanière et d’obtenir ainsi le feu vert de la chambre des communes, puis celui des 27 lors du prochain Conseil européen des 21 et 22 mars prochain.

Theresa May est censée s'adresser le 27 février aux députés britanniques mercredi prochain à la Chambre des Communes. La Première ministre s’était en effet donné jusqu’au 27 février pour leur proposer un texte remanié et leur avait promis, en cas d’absence d’avancées concrètes sur le dossier, un débat suivi d'un vote sur la stratégie à suivre.

S'il s'avérait qu'ils n'ont finalement pas de nouveau texte sur lequel se prononcer, les parlementaires chercheront probablement à repousser la date du divorce afin d'éviter un NO deal, qu'ils sont une majorité à vouloir à tout prix éviter.

Delphine LIOU avec Reuters