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Brexit : Theresa May en sursis

La Première ministre britannique Theresa May lors de sa conférence de presse jeudi soir à Londres

La Première ministre britannique Theresa May lors de sa conférence de presse jeudi soir à Londres - MATT DUNHAM / POOL / AFP

Une motion de censure contre le gouvernement de Theresa May pourrait être soumise dans les prochains jours au vote de la Chambre des communes, selon la presse britannique.

Les ennuis de Theresa May sont loin d’être terminés. Ebranlée par une série de démissions - dont celle de son ministre du Brexit - et par un débat de trois heures plus que houleux à la Chambre des Communes jeudi, la Première ministre britannique risque désormais une motion de censure. Plusieurs élus conservateurs, furieux du projet d'accord conclu avec Bruxelles autour du Brexit, tentent d'organiser un vote de défiance à l’encontre de la cheffe du gouvernement. Ils sont emmenés par le député europhobe Jacob Rees-Mogg, partisan d'un Brexit radical.

Theresa May renversée ?

Selon Sky News, les responsables de la discipline parlementaire au service du gouvernement britannique (les « whips » en anglais) ont annulé tous leurs engagements pour entrer à Londres en urgence. Leur mission : tenter de convaincre les députés de se tenir à l'écart du mouvement de défiance.

Selon le site d’information Brexit-Central, les 48 signatures nécessaires (15 % des parlementaires tories) ont été réunies. Si cette information est confirmée, le vote pourrait avoir lieu dans les tous prochains jours, dès lundi soir ou mardi mardi matin selon la presse britannique, mais seuls 21 députés avaient confirmé publiquement ce vendredi avoir entrepris une telle démarche. Il faudrait ensuite une majorité de 159 députés conservateurs (sur 315) pour renverser la cheffe du gouvernement. L'élection d'un nouveau dirigeant du Parti conservateur devrait alors être organisée. Son successeur deviendrait Premier ministre.

Se dirigerait-on alors vers de nouvelles élections ? Pas forcément. Bien que de nombreux députés soient mécontents de l'accord de retrait et seraient prêts à évincer Theresa May, on les voit mal s’allier avec les Travaillistes pour provoquer des élections qui pourraient leur être fatales, car une victoire du Labour n'est pas à exclure, à en croire les derniers sondages.

Le soutien de deux poids lourds eurosceptiques

Theresa May a obtenu une bouffée d'oxygène ce vendredi ; elle reçu le soutien de deux poids lourds eurosceptiques de son gouvernement : le ministre de l'Environnement Michael Gove, qui a décidé de « continuer à travailler avec ses collègues (…) pour obtenir le meilleur résultat pour le pays » et le ministre du Commerce international Liam Fox, qui a déclaré avoir « pleinement confiance » en elle. Trois autres ministres europhobes auraient aussi décidé de rester au gouvernement, selon la presse britannique. L'hémorragie au sein de son cabinet semble stoppée du moins pour l'instant.

Selon la presse britannique, ce groupe de ministres souhaiteraient convaincre Theresa May de retourner à Bruxelles pour négocier un deal plus « acceptable » aux yeux des députés conservateurs. Il s'agirait notamment de reformuler la « clause de sauvegarde » qui permet d'éviter le retour d'une frontière en dur entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, mais qui risque de coincer le Royaume-Uni indéfiniment dans une union douanière avec l'UE. Mais du côté de Bruxelles, l'éventualité de nouvelles négociations a été jusque là fermement rejetée. « Il n’y a aucune raison de continuer à négocier quoi que ce soit », a déclaré jeudi la chancelière allemande, Angela Merkel.

Parallèlement, Theresa May a remplacé ses ministres et secrétaires d'État démissionnaires : c'est un partisan de la sortie de l'UE, le secrétaire d'État à la Santé, Stephen Barclay, qui reprend le ministère du Brexit, même si la Première ministre a annoncé qu'elle allait mener en personne les dernières négociations avec Bruxelles.