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Brexit: Theresa May appelle à arriver à un accord gagnant-gagnant

Theresa May a avancé deux propositions pour faire progresser les discussions

Theresa May a avancé deux propositions pour faire progresser les discussions - Aurore Belot - AFP

La Première ministre britannique a demandé aux 27 chefs d'État et de gouvernement d'arriver à un accord que chacun pourra "défendre" devant son peuple.

La Première ministre britannique, Theresa May, a appelé jeudi les 27 autres dirigeants européens à s'entendre sur un accord de retrait de l'UE qu'elle pourra "défendre" devant ses concitoyens au Royaume-Uni.

"Il y a un sentiment croissant selon lequel nous devons travailler ensemble pour arriver à un résultat que nous pouvons soutenir et défendre devant nos concitoyens", a plaidé Theresa May lors d'un dîner des 28 dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles.

Selon un haut responsable britannique, Theresa May a insisté sur l'importance d'obtenir un accord que "le peuple britannique perçoit comme étant dans le meilleur intérêt du Royaume-Uni. Et de même du côté européen".

20 milliards d'euros pour solder les comptes

La Première ministre a également exhorté ses homologues à "un effort conjoint", dans la poursuite de la dynamique qui a suivi son discours de Florence (Italie) du 22 septembre, selon une source au sein du gouvernement britannique qui a rapporté ses propos.

Elle avait à cette occasion avancé deux propositions qu'elle considère comme cruciale pour les discussions: un engagement à payer 20 milliards d'euros pour régler les comptes du Royaume-Uni auprès de l'UE et l'instauration d'une période de transition de deux ans après la date officielle du Brexit, le 29 mars 2019.

"L'impératif clair et urgent doit être que la dynamique que vous créez nous permette d'avancer ensemble", a plaidé Theresa May en conclusion de la présentation de son propre bilan des progrès effectués depuis le début en juin des tractations sur les modalités du divorce entre l'UE et le Royaume-Uni.

Préparations internes

Le président du Conseil européen Donald Tusk a d'ores et déjà annoncé qu'il recommanderait vendredi aux 27 "de commencer des préparations internes pour les discussions" sur la future relation et une période de transition après la date officielle du Brexit.

Mais malgré l'insistance de Londres, les Européens n'accepteront pas de commencer à discuter de leur future relation, faute de "progrès suffisants" dans les trois dossiers prioritaires: droit des citoyens expatriés, question de l'Irlande et sa frontière, et solde des comptes.

Alors que les milieux d'affaires britanniques ont multiplié les avertissements sur l'effet néfaste de l'incertitude engrangée par le Brexit, et que le Parti conservateur de Theresa May est divisé, la Première ministre se retrouve sous une pression intense pour avancer.

"Il est clair qu'elle (Theresa May, ndlr) travaille dans un contexte politique difficile", a analysé un haut responsable britannique sous couvert d'anonymat.

Quatre anciens ministres conservateurs, dont l'ancien ministre des Finances, Nigel Lawson, l'ont exhorté jeudi à quitter la table sans accord si l'UE continuait de refuser de faire passer les discussions à la phase suivante.

J.M. avec AFP