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Brexit: Paris Europlace entame une opération séduction à Londres

Quartier d'affaires de la City, Londres.

Quartier d'affaires de la City, Londres. - ADRIAN DENNIS / AFP

L'association qui représente les intérêts de la place financière parisienne s'est rendue dans la capitale britannique pour tenter de séduire le secteur financier. Objectif, attirer le maximum de "déçus du Brexit" dans la Ville Lumière.

Paris entend "offrir des solutions" aux acteurs de la City qui veulent quitter Londres en raison du Brexit, a affirmé à l'AFP Gérard Mestrallet, président de l'association Paris Europlace venue pour une opération séduction à Londres lundi. "Le Brexit pose des problèmes mais nous sommes là pour aider à les résoudre. Nous sommes là pour offrir des solutions", a expliqué Gérard Mestrallet, dans un entretien accordé à l'AFP. "Il y a 20 ou 30.000 salariés de la City potentiellement concernés et je me bats pour qu'ils viennent chez nous", a-t-il martelé.

Les représentants de la place de Paris ne ménagent pas leurs efforts depuis le référendum. Et pour ce voyage visant à séduire le secteur financier outre-Manche, ils sont venus accompagnés de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et Jean-Louis Missika, adjoint à la Mairie de Paris. Les responsables français ont tenté de convaincre quelques 80 responsables d'importants groupes financiers réunis dans un grand hôtel de la capitale londonienne. "L'accueil est très bon avec un nombre de participants très important et au-delà de nos espérances. Cela montre qu'il y a un intérêt pour Paris", a noté Gérard Mestrallet, par ailleurs président du conseil d'administration du géant français de l'énergie Engie.

Le "Brexit dur" vers lequel semble se diriger le gouvernement britannique se traduira vraisemblablement par la perte du passeport financier britannique, qui permet aux institutions basées au Royaume-Uni de proposer depuis Londres leurs services dans toute l'Europe. La plupart des grandes banques ont ainsi prévenu qu'elles réfléchissaient à déplacer certaines activités et les emplois qui vont avec sur le continent. La britannique HSBC a notamment indiqué que 1.000 emplois pourraient être transférés à Paris.

Inquiétudes sur l'élection présidentielle

"Nous ne voulons pas apparaître hostiles à Londres. Paris est en compétition non pas avec Londres mais avec Francfort, Luxembourg, Amsterdam ou Dublin", a expliqué Gérard Mestrallet. Côté français, la plus grande incertitude à court terme est la prochaine élection présidentielle, la montée de Marine Le Pen et les déboires de François Fillon étant de nature à nourrir l'attentisme des décideurs économiques y compris à Londres.

Concernant les déplacements d'activités liées au Brexit, "j'imagine que certains prendront leur décision après l'élection présidentielle pour s'assurer que la France soit business-friendly (accueillante pour le monde des affaires, ndlr)", a estimé Gérard Mestrallet, ajoutant que plus largement "la plupart ne veulent pas attendre la fin des négociations" avec l'Union européenne.

D'ici là, Paris compte bien mettre toutes les chances de son côté. Paris Europlace a d'ores et déjà annoncé qu'il reviendrait à Londres, mais sans oublier d'aller à la rencontre des grands groupes financiers à travers le monde. "Nous allons aller à New York fin avril et en Chine en mais et puis nous allons continuer", a lancé Gérard Mestrallet.

P.L avec AFP