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Brexit : le trou d’air sur l’activité britannique se confirme

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Brexit - Peter PARKS / AFP

La dernière fournée d’indicateurs confirme le ralentissement, notamment au niveau de la production industrielle et automobile qui plonge de 24%.

C’était attendu. L’économie britannique commence à montrer de sérieux signes de faiblesse, impactée par les lourdes incertitudes liées au Brexit et par la fermeture de nombreuses usines dans le secteur de l’automobile.

Ainsi, le PIB du mois d’avril subit une forte contraction de 0,4% après un recul de 0,1% en mars. Le Royaume-Uni n'est toutefois pas encore en récession, laquelle correspond à deux trimestres consécutifs de baisse du PIB.

Sur trois mois à fin avril, la croissance a ralenti à 0,3%, un pourcentage inférieur aux attentes, contre 0,5% au premier trimestre 2019 et le taux de croissance annuel en rythme annuel a fléchi à 1,3% a précisé l'Office national de la statistique (ONS) lundi.

La production industrielle a reculé de 2,7% d'un mois sur l'autre et la production manufacturière de 3,9%, sa plus forte baisse depuis juin 2002. Sur un an, elle accuse un repli de 1,0%, le plus marqué depuis novembre dernier.

"Le soutien des commandes passées en anticipation de la date initiale de sortie de l'UE s'est estompé", relève Rob Kent-Smith, responsable du PIB pour l'ONS, qui évoque également "la spectaculaire baisse de la production automobile".

-24% pour la production automobile

C’est en effet la production automobile qui souffre le plus avec une baisse de production sans précédent de 24%. La catégorie plus large "matériels de transport" a subi sa contraction la plus vive depuis 1974.

Au début de l'année, bon nombre de constructeurs avaient annoncé des fermetures temporaires prévues pour avril, anticipant des perturbations immédiatement après le Brexit, dont la date primitive était le 29 mars.

Le Brexit a été finalement repoussé au 31 octobre mais ce report a été annoncé trop tard pour que les constructeurs puissent changer leurs plans.

L'ONS a par ailleurs annoncé que les importations avaient baissé de 14,4% en volume en avril par rapport à mars, leur recul le plus fort depuis que la statistique existe, soit janvier 1998.

Les exportations ont elles baissé de 10,9% en avril par rapport à mars, leur recul le plus prononcé depuis juillet 2006.

Conséquence, le déficit commercial se fixe à 12,113 milliards de livres (13,607 milliards d'euros) en avril contre 15,430 milliards en mars.

la rédaction