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Brexit: le Japon menace de retirer ses entreprises de Londres

Le vote des Britanniques inquiète le Japon.

Le vote des Britanniques inquiète le Japon. - Paul Ellis - AFP

Le Japon demande au Royaume-Uni et à l'Union européenne de présenter "un tableau complet du processus du Brexit dès que possible". Le pays craint "une situation dans laquelle les entreprises japonaises sont incapables de distinguer clairement dans quelle direction vont les négociations".

Le Japon a adressé une mise en garde au Royaume-Uni et à l'Union européenne quant à l'impact du Brexit sur ses entreprises, qui pourraient fuir en cas de bouleversements drastiques. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, doit rencontrer lundi son homologue britannique Theresa May en marge du G20 à Hangzhou (est de la Chine).

Dans un document de 15 pages, le gouvernement nippon, qui a créé un groupe de travail dédié à ce dossier, énumère les nombreuses craintes de la troisième économie mondiale après la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne, alors que les négociations sont pour l'heure dans le flou.

"L'incertitude est une inquiétude majeure pour l'économie", souligne le document. "Ce que les entreprises japonaises en Europe veulent à tout prix éviter, c'est une situation dans laquelle elles sont incapables de distinguer clairement dans quelle direction vont les négociations du Brexit". "De ce point de vue, nous espérons fortement que le Royaume-Uni et l'UE vont présenter au monde un tableau complet du processus du Brexit dès que possible", insiste Tokyo qui ne veut pas de "désagréables surprises".

Tokyo réclame le maintien du "passeport financier"

Quelle que soit l'issue de ces négociations, le Japon dit souhaiter le "maintien de l'environnement d'affaires actuel en Europe", avec un système de libre-échange, des droits de douane inchangés, la libre circulation des travailleurs. Tokyo rappelle que de nombreuses firmes ont décidé de s'implanter à Londres "pour superviser leurs activités en Union européenne". Elles "pourraient décider de transférer leur siège en Europe continentale si les lois européennes cessaient de s'appliquer au Royaume-Uni", avertit le Japon.

Tokyo réclame le maintien du "passeport financier" européen, qui permet à un certain nombre d'employés spécialisés de la banque, basés dans la capitale britannique, de vendre librement leurs services financiers dans les 27 autres pays de l'UE. Les établissements bancaires pourraient avoir à déplacer leurs activités dans un autre pays en cas de suppression, prévient le document.

Si le Japon avait déjà fait part de son inquiétude vis-à-vis du Brexit, c'est la première fois qu'il formule des requêtes aussi précises. Plus de 1.000 entreprises japonaises - dont le conglomérat industriel Hitachi et les groupes automobiles Toyota, Nissan et Honda -, sont implantées en Grande-Bretagne où elles emploient 140.000 personnes. Les investissements cumulés directs du Japon dans le pays ont dépassé 10.000 milliards de yens (90 milliards d'euros).

D. L. avec AFP