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Brexit : le gouvernement donne son feu vert à l'accord de retrait

Theresa May ce mercredi soir, à l'issue de la réunion de son cabinet au 10 Downing Street.

Theresa May ce mercredi soir, à l'issue de la réunion de son cabinet au 10 Downing Street. - Ben STANSALL / AFP

Le gouvernement britannique a donné son aval au projet d'accord conclu mardi avec l'Union européenne, à l'issue d'une réunion de cinq heures du cabinet de Theresa May.

Elle arbore un large sourire, lorsqu’à 20h20, elle sort du 10, Downing street pour faire sa déclaration à la presse. Theresa May vient de réussir à convaincre les 22 ministres de son gouvernement de soutenir l’accord de retrait conclu mardi à Bruxelles avec les négociateurs européens. « C'est une décision qui sert au mieux les intérêts de l'ensemble du Royaume-Uni », a-t-elle déclaré à l’issue de la réunion qui a duré plus de cinq heures.

Un cabinet divisé

Theresa May a dû affronter un cabinet divisé entre pro-européens et eurosceptiques et répondre aux critiques des europhobes, furieux des concessions accordées par la cheffe du gouvernement, afin d’éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande et préserver les accords de paix de 1998. Le Royaume-Uni va en effet se maintenir dans une union douanière avec l’Union européenne, le temps de signer un accord commercial avec les Européens. Londres devra pendant l’intervalle continuer de respecter les normes de l’UE, et ne pourra donc pas aller signer des accords commerciaux hors de l’UE, comme l’avaient promis les pro-Brexit pendant la campagne du référendum. On est donc très loin des slogans (« take back control ») assénés par les partisans d’une rupture nette avec l’UE. L’un de leurs chefs de file, l’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, a d’ailleurs fustigé ce projet d’accord, estimant qu’il allait transformer le Royaume-Uni en « État vassal ».

L’épreuve du parlement

Mais Theresa May n’est pas au bout de ses peines. « Je sais que des jours difficiles nous attendent et que l'accord sera examiné à la loupe » a-t-elle reconnu. Car la Première ministre doit maintenant convaincre le parlement britannique de voter le projet d'accord. La Chambre des Communes doit examiner et se prononcer sur le texte avant la pause des fêtes de fin d’année.

A Westminster, la Première ministre va devoir affronter une coalition inédite de conservateurs europhobes, de députés pro-européens, mais aussi de députés travaillistes, nationalistes écossais qui rêvent les uns de la renverser pour organiser de nouvelles élections ou obtenir un 2ème référendum, les autres pour pousser leur projet d’indépendance.

L’inconnue des unionistes nord-irlandais 

Theresa May pourra-t-elle compter sur ses alliés unionistes nord-irlandais qui refusent que l'Irlande du Nord soit traitée de manière différente du reste du Royaume-Uni ? Ce projet d'accord prévoit justement des dispositions différentes en termes douaniers et réglementaires. Or, « un accord qui sape l'intégrité économique et constitutionnelle du Royaume-Uni (...) n'est pas acceptable », a mis en garde Arlene Foster, cheffe du parti nord-irlandais DUP. Theresa May aura en tout cas besoin des 10 voix du DUP, le jour où la Chambre des Communes se prononcera sur l'accord que le gouvernement vient de valider ce mercredi soir. Mais en attendant, elle a rempli la première partie de sa difficile mission.