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Brexit : la croissance britannique revue à la hausse pour 2019

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- - Glyn Kirk - AFP

Malgré les incertitudes, la banque d’Angleterre table sur une hausse du PIB de 1,5% en 2019, soit 0,3% de plus qu’en février dernier.

A l’instar de la zone euro, le Royaume-Uni tient bon. Et fait même mieux que prévu. La Banque d’Angleterre a ainsi décidé de revoir à la hausse ses prévisions de croissance pour l’année 2019. L’institution table ainsi sur une hausse de 1,5% du PIB en 2019 et 1,6% en 2020. C’est respectivement 0,3% et 0,1% supérieurs aux prévisions de février dernier.

Malgré les incertitudes sur le Brexit, le pays devrait atteindre une croissance de 0,5% au premier trimestre, quand la France n’atteint que 0,3% sur la même période. Cette révision s’explique en partie par le pessimisme peut-être excessif que les entreprises interrogées avaient sur leur activité, il y a encore quelques mois. La constitution de stocks dans la perspective du divorce avec l'Union européenne est aussi une cause de ce regain de croissance. Enfin, il faut dire aussi que le tant redouté Brexit n’a toujours pas eu lieu, le commerce se poursuit donc normalement.

Ou presque, la Banque d’Angleterre s'attend néanmoins à un ralentissement pour le second trimestre (0,2%). « L'incertitude a eu un effet particulièrement prononcé sur les investissements des entreprises, qui ont diminué tous les trimestres en 2018 et devraient encore diminuer au cours des prochains trimestres » indique la banque dans son rapport. 

Pour autant, l'institution se veut confiante. Le chômage est au plus bas et l'inflation reste stable. Elle a donc décidé de ne pas toucher au taux directeur (0,75%) et de poursuivre son programme de rachats d’actifs. Le gouverneur de l’institution a même évoqué des futures hausses de taux, dans le cas d’une transition en douceur. 

Un départ au 31 octobre ?

Des scénarios optimistes qui reposent avant tout sur un Brexit ordonné. Dans le cas contraire, les multiples études inquiétantes sur l’impact d'un Brexit dur rappellent les risques importants qui pèsent sur l'économie. La dernière concerne le secteur de l’automobile, qui serait largement affecté par le retour des droits de douane. Selon la SMMT, qui regroupe les constructeurs présents au Royaume-Uni, le pays pourrait perdre 30 % de production automobile et ainsi retourner au niveau des années 80, en cas de Brexit dur.

C’est désormais l’incertitude qui prime à Londres, alors que le gouvernement peine à trouver un accord au Parlement. La date du 31 octobre, nouvelle deadline, est désormais évoquée pour une sortie en ordre du Royaume-Uni.

De quoi donner un peu d’air pour les parlementaires, qui doivent maintenant s’organiser pour les élections européennes.