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Brexit: l'UE prévient des risques pour la stabilité financière

Michel Barnier a répété que l'UE ne laisserait pas le Royaume-Uni se concocter un Brexit "à la carte" durant la procédure de divorce avec l'Union.

Michel Barnier a répété que l'UE ne laisserait pas le Royaume-Uni se concocter un Brexit "à la carte" durant la procédure de divorce avec l'Union. - Jean-Pierre Clatot - AFP

Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, a prévenu samedi que les Européens devaient avoir conscience du risque qui pèsera sur la stabilité financière pendant les négociations du Brexit qui s'annoncent difficiles.

"L'UE doit avoir une vigilance particulière quant au risque sur la stabilité financière, pas un accord spécial pour avoir accès à la City", a déclaré Michel Barnier dans un tweet ce 14 janvier. Le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit voulait ainsi revenir sur une publication du Guardian. La veille, le journal affirmait qu'il avait déclaré à des parlementaires européens qu'ils devaient conclure un accord "spécial" avec le secteur financier britannique afin que le crédit continue d'irriguer le continent.

Selon un compte-rendu non publié de l'échange entre Michel Barnier et les parlementaires européens, consulté par le Guardian, le Français aurait expliqué qu'il voulait garantir que les banques, les entreprises et les gouvernements des 27 autres membres de l'Union européenne auraient toujours accès à la City après la sortie du Royaume-Uni du bloc.

Un porte-parole de la Commission européenne a assuré samedi à l'AFP que le compte-rendu ne reflétait "pas correctement ce que Michel Barnier a dit". Ce dernier a jusque-là maintenu une ligne dure sur les négociations du Brexit.

"L'Europe aussi avait beaucoup à perdre"

Les dirigeants européens considèrent le secteur financier londonien comme une faiblesse potentielle dans les négociations pour les Britanniques, qui auront à cœur de défendre jusqu'au bout le joyau de leur économie et de maintenir des échanges transfrontaliers avec le continent.

"Il va falloir faire un travail très spécifique dans ce domaine", aurait déclaré Michel Barnier, selon le Guardian, citant le compte-rendu non publié. "Il y aura une relation spéciale/spécifique. Il faudra travailler en-dehors du cadre des négociations (...) pour éviter l'instabilité financière".

Le patron de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, avait prévenu mardi que l'Europe aussi avait beaucoup à perdre si aucun accord n'était conclu.

Mark Carney a déclaré à des parlementaires britanniques qu'il y avait "plus de risques d'instabilité financière sur le continent à court terme, pour la transition, que pour le Royaume-Uni". Il a souligné que les trois quarts des opérations de changes du continent, la moitié de ses prêts et la moitié de ses transactions boursières avaient lieu à Londres. Il a également prévenu que s'isoler de Londres pourrait renchérir le coût du capital et avoir de graves conséquences pour les banques, les entreprises et les gouvernements européens.

Pas de Brexit à la carte

De son côté, Michel Barnier a répété que l'UE ne laisserait pas le Royaume-Uni se concocter un Brexit "à la carte" durant la procédure de divorce avec l'Union. La Commission parlementaire sur le Brexit a elle réclamé samedi que la Première ministre Theresa May publie d'ici mi-février son plan pour quitter l'UE.

"Nous ne demandons pas au gouvernement de renoncer à ses lignes rouges ou à ses solutions de repli dans les négociations, mais nous voulons de la clarté sur ses objectifs globaux au vu de l'importance et de la complexité du processus de négociation", a déclaré le président du comité, Hilary Benn.

"Le gouvernement doit rechercher des arrangements transitionnels adéquats dans l'intérêt des entreprises", à la fois pour le Royaume-Uni et l'UE, a-t-il estimé.

Pour la commission parlementaire, le gouvernement doit essayer de maintenir l'accès de la finance britannique au marché européen, au bénéfice des deux parties. Un porte-parole du gouvernement a répété que les plans du gouvernement seraient présentés "d'ici la fin mars", date butoir que s'est fixée la Première ministre conservatrice Theresa May pour activer l'article 50 du Traité de Lisbonne.

C.C. avec AFP