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BP réfléchit à de nouveaux moyens d'endiguer la marée noire

Bateau participant aux efforts pour endiguer la marée noire dans le Golfe du Mexique. Le groupe pétrolier BP réfléchit à de nouveaux moyens d'endiguer la marée noire en Louisiane après l'échec de sa solution la plus prometteuse, la mise en place d'un dôme

Bateau participant aux efforts pour endiguer la marée noire dans le Golfe du Mexique. Le groupe pétrolier BP réfléchit à de nouveaux moyens d'endiguer la marée noire en Louisiane après l'échec de sa solution la plus prometteuse, la mise en place d'un dôme - -

par Erwin Seba ROBERT, Louisiane - BP réfléchit à de nouveaux moyens d'endiguer la marée noire en Louisiane après l'échec de sa solution la plus...

par Erwin Seba

ROBERT, Louisiane (Reuters) - BP réfléchit à de nouveaux moyens d'endiguer la marée noire en Louisiane après l'échec de sa solution la plus prometteuse, la mise en place d'un dôme de confinement sur la fuite provenant d'un puits de forage de la plate-forme accidentée le 22 avril.

Un responsable du groupe pétrolier britannique, qui a déjà perdu 350 millions de dollars (270 millions d'euros) dans la catastrophe, a expliqué lundi que BP examinait plusieurs options, tout en avouant ignorer laquelle serait en mesure de limiter le flux de brut qui s'écoule dans le golfe du Mexique.

La nappe de pétrole, qui pourrait donner lieu à la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis, plus grave que celle de l'Exxon Valdez en 1989 en Alaska, s'oriente vers les grands canaux de navigation maritime et les importantes zones riches en ressources halieutiques de la côte centrale de Louisiane, à l'ouest du delta du Mississippi.

Greenpeace a affirmé dimanche soir, sans que cela puisse être vérifié dans l'immédiat, que des traces de pétrole avaient été signalées à Port Eads, le cap le plus au sud de la Louisiane qui n'est accessible que par bateau ou par hélicoptère.

L'endroit le plus touché pour l'heure est l'archipel des Chandeleur, au large de la Louisiane, qui abrite une réserve naturelle.

L'Administration nationale océanographique et atmosphérique (NOAA) prévoit qu'avec les brusques vents de sud-est en provenance du continent attendus dans les prochaines heures, les risques de voir le pétrole toucher les côtes vont se multiplier jusqu'à mercredi. Deux communes situées juste à l'ouest du delta du Mississippi ont déclaré l'état d'urgence dimanche soir.

AUDITIONS AU CONGRÈS

BP a dû suspendre la mise en place d'un dôme d'acier haut de quatre étages parce que des cristaux de glace inflammables s'y étaient formés.

Doug Suttles, directeur exécutif de BP qui supervise les efforts de lutte contre la fuite déployés par la compagnie, a déclaré que BP envisageait désormais de placer un dôme plus réduit sur la fuite provenant du puits accidenté, toujours dans l'optique de canaliser le pétrole vers la surface.

Parmi les autres options figurent la possibilité d'injecter du caoutchouc ou d'autres matières dans la vanne défectueuse pour tenter de la boucher, ou le forage d'un puits annexe pour assécher l'écoulement, mais cette dernière solution prendrait 75 à 80 jours.

"Nous avons rassemblé les meilleurs spécialistes pour qu'ils nous aident à comprendre comment mener à bien ces options", a expliqué Doug Suttles sur NBC. "Je ne peux pas vous dire laquelle fonctionnera mais tant que nous avons des solutions, nous continuerons de les tester."

BP a annoncé que la marée noire dans le golfe du Mexique lui avait déjà coûté 350 millions de dollars (270 millions d'euros), laissant entendre que la facture totale pourrait être bien supérieure aux calculs de nombreux analystes.

Le titre a perdu 16% depuis que la plate-forme Deepwater Horizon, dont BP était propriétaire, a explosé et sombré, faisant onze morts, à une soixantaine de kilomètres au large de la Louisiane. Le groupe a ainsi perdu environ 30 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Des analystes ont estimé que la marée noire coûterait entre plusieurs centaines de millions de dollars et 12,5 milliards à la compagnie. Les chiffres communiqués lundi par BP suggèrent que le bas de la fourchette est largement optimiste, mais rien n'indique que les plus hautes estimations seront dépassées.

Plusieurs hauts responsables de la compagnie se préparent à des auditions difficiles mardi et mercredi devant des commissions du Congrès américain. La garde-côte américaine et le service américain de gestion des minéraux (MMS) comptent enquêter en outre sur le naufrage de la plate-forme.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser