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Barack Obama veut restreindre le recours aux armes nucléaires

Les Etats-Unis ont dévoilé une nouvelle doctrine nucléaire définie par Barack Obama, limitant les conditions de recours à ce type d'armement sans toutefois ménager l'Iran et la Corée du Nord, qui restent des cibles potentielles du fait de leurs propres am

Les Etats-Unis ont dévoilé une nouvelle doctrine nucléaire définie par Barack Obama, limitant les conditions de recours à ce type d'armement sans toutefois ménager l'Iran et la Corée du Nord, qui restent des cibles potentielles du fait de leurs propres am - -

par Phil Stewart et Matt Spetalnick WASHINGTON - Les Etats-Unis ont dévoilé une nouvelle doctrine nucléaire qui limite les conditions de recours à ce...

par Phil Stewart et Matt Spetalnick

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont dévoilé une nouvelle doctrine nucléaire qui limite les conditions de recours à ce type d'armement sans toutefois ménager l'Iran et la Corée du Nord, qui restent des cibles potentielles du fait de leurs propres ambitions en la matière.

En vertu de cette nouvelle stratégie, Washington s'engage à ne pas employer d'armement atomique contre un Etat qui n'en dispose pas et qui a signé le traité de non-prolifération.

Le texte comprend une clause dite "option de révision" afin de répondre à une éventuelle attaque ou menace d'attaque biologique ou chimique potentiellement dévastatrice.

Le recours au feu nucléaire n'est ainsi envisagé que dans des "circonstances extrêmes".

"Nous prenons des mesures spécifiques et concrètes pour réduire le rôle des armes nucléaires tout en préservant notre supériorité nucléaire, en dissuadant les agressions et en assurant la sécurité du peuple américain", a déclaré Barack Obama.

Pour la première fois, les Etats-Unis renoncent à l'emploi de l'arme nucléaire contre les pays qui n'en disposent pas, ce qui marque une rupture avec la politique de l'administration Bush, qui prévoyait une riposte nucléaire à une attaque chimique ou biologique.

La nouvelle stratégie américaine exclut en outre le développement de nouveaux armements atomiques mais prévoit des investissements pour mieux gérer le stock existant de têtes nucléaires.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a néanmoins souligné que "toutes les options sont ouvertes" pour des pays tels que l'Iran et la Corée du Nord.

"Si nous devons faire passer un message à l'Iran et à la Corée du Nord, c'est celui-ci: 'Si vous ne voulez pas respecter les règles, si vous comptez favoriser la prolifération, alors toutes les options sont sur la table pour s'occuper de vous'", a déclaré le secrétaire à la Défense Robert Gates.

NOBEL DE LA PAIX

L'annonce relative aux dimensions et au rôle de la dissuasion américaine pour les années à venir pourrait susciter une dynamique avant la signature, prévue jeudi à Prague, du nouvel accord Start de réduction des armements stratégiques russes et américains et la tenue, la semaine prochaine à Washington, d'un sommet sur la sécurité nucléaire.

Cette "Nuclear Posture Review", demandée par le Congrès à chaque nouvelle administration, était d'autant plus attendue que Barack Obama a décroché le prix Nobel de la paix en partie en raison de ses projets en faveur de la dénucléarisation.

Elle affirme que "la menace d'une guerre nucléaire mondiale s'est éloignée, mais le risque d'attaque nucléaire s'est accru".

Les Républicains vont probablement la juger dangereuse pour la sécurité des Etats-Unis tandis que l'aile gauche du Parti démocrate reprochera sans doute au président de pas aller plus loin en matière de désarmement.

Sa présentation a été repoussée de plusieurs mois en raison d'un débat au sein de l'administration et de l'armée américaines sur le bien-fondé de se déclarer premier Etat à renoncer à l'usage de l'arme atomique.

Le mois dernier, Barack Obama a fait valoir que sa stratégie "réduirait le nombre et le rôle des armes nucléaires" dans la stratégie de défense nationale, "même si nous maintenons une dissuasion sûre, sécurisée et efficace".

Il doit désormais montrer l'exemple en matière de contrôle des armements sans susciter d'inquiétude chez les alliés qui comptent sur le "parapluie américain".

Le document affirme ainsi que tout en réduisant le rôle des armes nucléaires dans la sécurité nationale, les Etats-Unis vont renforcer leur arsenal conventionnel.

"Nous avons d'autres moyens de dissuasion sur lesquels nous pouvons nous reposer davantage, tels que les défenses par missile, les capacités de frappes non-nucléaires", a noté un responsable de la défense.

L'administration s'est aussi engagée à poursuivre une politique de contrôle des armements avec la Russie et la Chine.

Mais elle reconnaît que le manque de transparence du programme nucléaire chinois soulève des questions sur les intentions stratégiques de Pékin.

"L'arsenal nucléaire chinois reste beaucoup plus petit que les arsenaux de la Russie et des Etats-Unis. Mais le manque de transparence entourant ses programmes nucléaires, leur rythme et leur ampleur, ainsi que la stratégie et la doctrine les guidant, soulève des questions sur les intentions stratégiques futures de la Chine", dit le document.

Avec Caren Bohan et Tabassum Zakaria; Grégory Blachier, Jean-Philippe Lefief, Nicole Dupont et Gregory Schwartz pour le service français, édité par Pascal Liétout