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Aux Etats-Unis, le chômage baisse mais la flambée virale menace la reprise

Donald Trump lors d'un déplacement à Dallas, le 11 juin 2020

Donald Trump lors d'un déplacement à Dallas, le 11 juin 2020 - NICHOLAS KAMM / AFP

Le pays compte environ 18 millions de chômeurs, en baisse par rapport à la semaine dernière mais l'explosion de nouveaux cas empêche un véritable retour à la normale.

L'explosion de nouveaux cas de Covid-19 dans le sud et l'ouest des Etats-Unis menace la reprise économique et a forcé plusieurs Etats à refermer bars et restaurants, mais l'effet sur l'emploi reste incertain et les inscriptions au chômage étaient en baisse la semaine passée.

Ce sont ainsi 1,314 million de personnes qui ont pointé au chômage la semaine passée, en recul par rapport au 1,413 million de la semaine précédente, selon les données publiées jeudi par le département du travail.

Les analystes attendaient un nombre un peu plus élevé, et tablaient sur 1,35 million de nouvelles demandes d'allocations.

"Le marché du travail se redresse, mais les impacts de la résurgence du virus pourraient ralentir cette progression", résume l'économiste Joel Naroff dans une note.

Le déconfinement suspendu

Floride, Texas, Californie, Arizona, Louisiane, Tennessee,... Depuis environ un mois, le nombre de cas de Covid-19 et d'hospitalisations grimpe en effet dans le sud et l'ouest du pays.

Plusieurs Etats ont dû suspendre leur processus de déconfinement, voire revenir en arrière en ordonnant la fermeture des bars et restaurants notamment.

Le président Donald Trump, qui mise sur une reprise de l'économie pour être réélu à la Maison Blanche en novembre, balaie régulièrement cette résurgence, simplement due selon lui à une hausse des capacités de test au cours du mois de juin. Une hypothèse démentie par les experts.

18 millions de chômeurs

La semaine passée, il s'était réjoui à l'annonce d'une baisse du taux de chômage à 11,1% en juin contre 13,3% en mai, et de la création de 4,8 millions d'emplois sur le mois.

Il avait promis "un superbe troisième trimestre", ignorant le retour du Covid-19, qui menace pourtant la reprise économique dans le pays.

"Nous avons certainement des points chauds. Nous traiterons de ces points chauds. Les gens commencent à apprendre à travailler dans cet environnement, certaines entreprises se sont rétablies très efficacement, certaines entreprises prendront plus de temps", a commenté le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, interrogé jeudi sur la chaîne CNBC.

"Les restaurants, les hôtels, les compagnies aériennes vont clairement être des domaines où il y aura besoin de plus d'aide" financière du gouvernement fédéral, a-t-il ajouté.

Au total, 18 millions de personnes touchaient le chômage dans le pays à la fin du mois de juin.

Long retour à la normale

C'est certes en baisse par rapport à la semaine précédente mais à un niveau qui reste toujours particulièrement élevé: l'an passé à la même période, 1,7 million d'Américains percevaient une allocation chômage.

Le nombre de personnes indemnisées "est près de trois fois (plus élevé) qu'au pic de la Grande Récession" de 2009, relèvent dans une note les analystes d'Oxford Economics.

Selon eux, "une reprise complète du marché du travail prendra plusieurs années", et ils craignent eux aussi "que la résurgence des infections de Covid-19 augmente le risque d'une pause dans les progrès".

Mercredi, Donald Trump a par ailleurs exhorté les écoles du pays à rouvrir à la rentrée. Aux Etats-Unis, les écoles et universités dépendent des Etats et autorités locales, et non du gouvernement fédéral.

En attente d'un vaccin

Le président de la Réserve fédérale de Saint Louis, James Bullard, avait estimé mercredi sur CNBC que l'usage du masque et les ajustements opérés par les entreprises - la vente à emporter pratiquée par les restaurants par exemple - pourrait permettre à l'économie de repartir doucement, sans ttendre qu'un vaccin soit disponible.

"Cela ne dépend pas d'un vaccin à venir ou d'un traitement thérapeutique, nous pouvons utiliser une technologie simple et facile que nous avons aujourd'hui, obtenir une bonne situation, ramener la majeure partie de la production à la normale", a-t-il déclaré, tablant sur la possibilité de voir le chômage descendre à 7 ou 8% d'ici la fin de l'année. 

TL, avec AFP