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Appels au calme à Bangkok après la mort de 12 personnes

Des opposants au gouvernement thaïlandais transportant un blessé, dans les rues de Bangkok. Après de violents heurts qui ont fait au moins douze morts dans la capitale, l'armée et les manifestants ont appelé au repli, les violences ayant gagné le quartier

Des opposants au gouvernement thaïlandais transportant un blessé, dans les rues de Bangkok. Après de violents heurts qui ont fait au moins douze morts dans la capitale, l'armée et les manifestants ont appelé au repli, les violences ayant gagné le quartier - -

par Ambika Ahuja BANGKOK - Après de violents heurts qui ont fait douze morts samedi à Bangkok, l'armée et les manifestants ont appelé au repli, les...

par Ambika Ahuja

BANGKOK (Reuters) - Après de violents heurts qui ont fait douze morts samedi à Bangkok, l'armée et les manifestants ont appelé au repli, les violences ayant gagné le quartier touristique de la capitale ainsi que deux villes du nord de la Thaïlande.

L'armée a tiré samedi des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur les manifestants favorables à l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, chassé par un coup d'Etat en 2006.

Ces derniers ont riposté avec des grenades, des armes à feu et des cocktails Molotov.

L'émeute, près du pont de Phan Fah et de Rajdumnoen Road, dans le vieux Bangkok, a fait douze morts, dont trois soldats et un cameraman de Reuters, et au moins 521 blessés, a-t-on indiqué de source médicale.

Il s'agit des violences les plus graves enregistrées à Bangkok depuis 18 ans.

Journaliste au bureau de Tokyo depuis plus de 15 ans, Hiro Muramoto, 43 ans, était arrivé jeudi dans la capitale thaïlandaise pour couvrir les évènements. Il a été atteint d'une balle en pleine poitrine.

Dans une déclaration télévisée, le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a affirmé que les soldats avaient reçu pour consigne de n'utiliser des balles réelles que "pour tirer en l'air et dans une situation d'auto-défense".

Après plusieurs heures de violence, un porte-parole de l'armée a annoncé que les militaires se repliaient dans la vieille ville alors que les heurts se déplaçaient vers Khao San Road, quartier très touristique de la capitale.

Le porte-parole a également appelé les manifestants à se retirer mais ceux-ci ont lancé sur les soldats des bombes incendiaires et des grenades. Selon ses dires, plusieurs "chemises rouges" étaient armées de pistolets.

Plus tard, un dirigeant de l'opposition a appelé les manifestants à se replier vers les lieux des premières manifestations.

"ZONE DE GUERRE"

Le quartier de Khao San Road ressemble à une zone de guerre, a dit un photographe de Reuters. Vitrines brisées et voitures détruites entouraient plusieurs blessés couchés au sol. Selon la police, des manifestants ont enflammé des bonbonnes de gaz avant de les faire rouler vers les forces de l'ordre.

"Nous n'exigeons plus la dissolution du parlement dans les quinze jours mais sa dissolution immédiate. Et nous demandons à Abhisit de quitter le pays", a prévenu Veera Musikapong, l'un des chefs de file des "chemises rouges".

Le Premier ministre est actuellement retranché dans une caserne.

A deux reprises, l'armée a tenté sans succès de déloger les militants pro-Thaksin du secteur de Phan Fah et de Rajdumnoen Road en tirant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes.

L'affrontement de la soirée a été particulièrement tendu et a fait de nombreux blessés. Après la tombée de la nuit, les militaires ont tiré des balles en caoutchouc à 500 mètres de distance depuis une intersection menant au quartier de Khao San Road.

Certains soldats ont tiré en l'air à balles réelles, et selon les médias thaïlandais, des gaz lacrymogènes ont été largués par hélicoptère.

Le quartier commerçant de la ville est aux mains de plusieurs dizaines de milliers de manifestants qui ont bloqué les rues avec des taxis et des camionnettes et ont recouvert de drapeaux les objectifs des caméras de surveillance.

Plusieurs centaines de policiers en tenue anti-émeute, regroupés à une extrémité du quartier, ont dû battre en retraite après avoir été encerclés.

Dans la ville de Chiangmai, la deuxième du pays, dans le Nord, les "chemises rouges" ont envahi les bureaux du gouverneur sans rencontrer de résistance de la part des forces de l'ordre.

Les manifestants avaient promis de faire le siège des bâtiments administratifs en province en cas d'intervention armée contre les manifestants rassemblés depuis près d'un mois à Bangkok.

Six cents manifestants ont également pénétré à l'hôtel de ville d'Udon Thani, dans le Nord-Est, selon une chaîne de télévision.

Avec Damir Sagolj, Jean-Philippe Lefief, Guy Kerivel, Gregory Schwartz et Pascal Liétout pour le service français