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À Dubaï, les entreprises françaises chassent en meute

Une dizaine de PME françaises a tenté de conquérir de nouveaux marchés à Dubaï

Une dizaine de PME françaises a tenté de conquérir de nouveaux marchés à Dubaï - KARIM SAHIB / AFP

Durant 5 jours, une dizaine de PME ont fait le déplacement à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis, pour tenter de conquérir des nouveaux marchés.

Avec ses gigantesques tours, son hub aérien majeur, son administration ultra connectée, ses centres commerciaux immenses, Dubaï transpire la modernité. La philosophie de cet émirat de presque 3 millions d'habitants est claire: être en amont de tout.

Mais lorsqu'on y regarde de plus près, il reste encore beaucoup de choses à faire, en particulier dans le domaine de la ville intelligente. Cette thématique était au cœur du déplacement que vient d'effectuer une délégation conduite par Business France, Société Générale et BPI France, elle-même composée d'une dizaine d'entreprises françaises parmi lesquelles des spécialistes des réseaux, des objets connectés, de l'efficacité énergétique, des acteurs de la sécurité ou de la logistique. Rien n'a été laissé au hasard, tous ont été longuement et finement préparés: géopolitique, climat des affaires, bonnes pratiques… 

Opération Commando

L'objectif est de "chasser en meute". Conquérir des marchés de manière organisée et réfléchie. Une stratégie qui est l'une des clefs du succès de l'Allemagne. Un "effet groupe" particulièrement efficace puisqu'il permet aux chefs d'entreprises d'obtenir rapidement des rendez-vous avec des interlocuteurs de haut niveau.

Certains par exemple ont pu négocier directement avec les autorités de régulation (télécoms, transports...). La France bénéficie là-bas d'une bonne image en tant que pays d'innovateurs. Ainsi, les choses peuvent aller assez vite car la courroie de transmission avec le pouvoir est courte. "Pour autant rien ne vous tombe tout cuit dans les mains", explique un membre de la délégation. "Il faut savoir être patient et surtout ne pas se contenter d'un seul rendez-vous! il faut revenir et vite !"

La grammaire des affaires à Dubaï, et plus largement dans les Émirats, ne s'improvise pas. Pour être entendu il faut être ludique. Exit les Powerpoint et les rapports poussiéreux. Il faut miser sur l'image, la vidéo. "Être un bon gestionnaire est également impératif" explique le responsable d'un groupe français dans la région. "La vie est chère! La notarisation des documents d'une entreprise peut atteindre les 1000 euros... par page!", poursuit-il.

Pour autant à Dubaï, que certains surnomment "la Suisse des Émirats," les perspectives sont florissantes. L'exposition universelle de 2020 assure en particulier une dynamique puissante. Mettre un pied à Dubaï, c'est d'abord bénéficier d'une vitrine, d'une exposition mondiale pour peut-être accéder ensuite à l'Arabie Saoudite, là où se fait le volume, un marché de 30 millions d'habitants.

La gestion de l'énergie au cœur des réflexions

Après des décennies de prospérité, les Émirats sont confrontés à la baisse des prix du pétrole. Ainsi, certains voient leur déficit se creuser; une situation impensable il y a encore quelques années. Les Émirats arabes unis font connaissance avec la dette, la baisse des dépenses, les privatisations, les subventions et même bientôt avec les taxes ! Une TVA comprise entre 3 et 5% doit entrer en vigueur le 1er janvier 2018 dans les pays du GCC (Gulf Coopération Council). Une situation qui les pousse à diversifier leur économie et à trouver de nouvelle sources de revenus.

Les questions des énergies et la gestion des réseaux d'eau et électricité sont devenues vitales. Parmi les entreprises qui ont fait le déplacement à Dubaï, on peut notamment citer Partnering Robotics, spécialiste du traitement de l'air, Saint-Lizaigne, PME centenaire experte dans la gestion des réseaux d'eau potable, ou encore Sigfox, opérateur télécom pour les objets connectés. 

Avec une température moyenne annuelle d'une trentaine de degrés, la climatisation tourne 24h/24. Certaines tours, explique une architecte, "sont des passoires énergétiques". Plus anecdotique, les centaines de millions de palmiers plantés à travers les Émirats ont besoin tous les jours de 100 litres d'eau chacun, sans parler des piscines qu'il faut rafraîchir en permanence pour espérer pouvoir y tremper un orteil.

Jean-Baptiste Huet