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Harcèlement sexuel: Ubisoft se sépare d'un autre de ses vice-présidents

Le logo d'Ubisoft lors de la conférence de presse du groupe au salon E3 (Electronic Entertainment Expo) à Los Angeles, le 10 juin 2019

Le logo d'Ubisoft lors de la conférence de presse du groupe au salon E3 (Electronic Entertainment Expo) à Los Angeles, le 10 juin 2019 - Robyn Beck © 2019 AFP

Plusieurs dirigeants du groupe avaient déjà été poussés vers la sortie depuis la publication d'une série d'articles sur des cas de harcèlement et d'agressions sexuelles au sein de l'entreprise.

Le vice-président en charge du service éditorial d'Ubisoft, Tommy François, cité dans plusieurs témoignages parus dans la presse comme responsable de harcèlement et tentative d'agression sexuelle, a quitté l'éditeur, a confirmé le groupe ce lundi. Selon le site d'actualité numérique Numerama, l'annonce a été faite aux salariés via un email interne signé par le PDG du groupe, Yves Guillemot, expliquant que Tommy François avait "quitté le groupe avec effet immédiat".

Ancien animateur de la chaîne spécialisée GameOne, Tommy François avait rejoint Ubisoft en 2006 et était vice-président du service éditorial depuis un peu plus de cinq ans. Il avait notamment été cité dans la série d'articles publiée par plusieurs médias concernant les cas de harcèlement et agressions sexuelles dont la révélation a profondément secoué le groupe depuis près de deux mois.

Depuis l'émergence des premiers témoignages fin juin, plusieurs dirigeants du groupe ont en effet été poussés vers la sortie ou ont démissionné, dont le numéro deux du groupe, Serge Hascoët, qui a quitté mi-juillet son poste de responsable de la création. Le chef du studio de Montréal ainsi que la directrice des ressources humaines du groupe ont également quitté Ubisoft.

Enquêtes internes

Ubisoft n'a pas été en mesure de garantir à ses collaborateurs un environnement de travail sûr et inclusif", avait regretté Yves Guillemot, cité dans le communiqué annonçant leur départ. "Ce n'est pas acceptable. Tout comportement toxique est en opposition totale avec les valeurs avec lesquelles je n'ai jamais transigé et avec lesquelles je ne transigerai pas", avait affirmé le dirigeant.

L'entreprise, qui compte 18.000 salariés dans le monde dont 22% de femmes, a lancé plusieurs enquêtes internes depuis les premières révélations et a entamé la restructuration de son service de ressources humaines, accusé d'avoir couvert certains comportements toxiques.

Lors de la présentation de ses résultats trimestriels décalés, le 22 juillet, Yves Guillemot avait assuré que le groupe devait "néanmoins relever un défi très sérieux à la suite des récentes allégations et accusations de mauvaise conduite et de comportements inappropriés. Je suis déterminé à mettre en oeuvre des changements profonds afin d'améliorer et renforcer notre culture d'entreprise".

P.L. avec AFP