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Fraude comptable chez William Saurin: plusieurs cabinets d'audit en accusation

La compagnie holding FTL avait dû être lourdement restructurée après la découverte de dix ans de comptes truqués, à la mort en novembre 2016 de sa propriétaire, Monique Piffaut.

La compagnie holding FTL avait dû être lourdement restructurée après la découverte de dix ans de comptes truqués, à la mort en novembre 2016 de sa propriétaire, Monique Piffaut. - ERIC PIERMONT / AFP

Les comptes truqués de l'ancienne maison mère des marques William Saurin, Garbit et Madrange, avaient échappé à leur vigilance: l'audience disciplinaire visant notamment les cabinets d'audit Mazars et PwC a débuté ce lundi à Paris par des questions de procédure.

L'affaire de la vaste fraude comptable découverte dans les comptes de la Financière Turenne Lafayette (FTL), holding des marques agro-alimentaire William Saurin, Garbit, Madrange et Paul Prédault, arrive en audience disciplinaire. La procédure peut aboutir à des sanctions allant de l'amende à l'interdiction d'exercer.

Les cabinets d'audit Mazars et PwC mis en cause

Prévue pour se tenir jusqu'au 6 octobre, l'audience, qui s'est ouverte ce lundi 28 septembre, compte huit mis en cause: quatre sociétés (les cabinets Mazars, PricewaterhouseCoopers (PwC) Audit, PricewaterhouseCoopers Entreprises et Michel Tamet & Associés), et cinq commissaires aux comptes, chargés d'auditer et certifier les comptes annuels des entreprises. Tous comparaissent devant la formation restreinte du Haut Conseil du Commissariat aux Comptes (ou H3C) qui statue sur les procédures de sanction ouvertes devant elle. Il leur est reproché une "insuffisance grave dans la diligence" des audits de la Financière Turenne Lafayette (FTL) et de ses filiales, a résumé le rapporteur général Thierry Ramonatxo.

Des comptes truqués découverts à la mort en 2016 de la propriétaire

Longtemps considérée comme un fleuron français de l'industrie agroalimentaire, la compagnie holding FTL avait dû être lourdement restructurée après la découverte de dix ans de comptes truqués, à la mort en novembre 2016 de sa propriétaire, Monique Piffaut.

La holding détenait des marques populaires dans les cuisines françaises telles que William Saurin, Garbit ou les jambons Paul Prédault et Madrange. Elle produisait et commercialisait également des raviolis et plats cuisinés vendus sous la marque Panzani.

Le fond du dossier n'a pas été abordé lors de cette première journée d'audience. Les avocats de la défense ont soulevé plusieurs points de procédure qui n'ont pas encore été tranchés. Ils ont notamment estimé que la saisine de la formation restreinte était "irrégulière" et soumis des questions prioritaires de constitutionnalité. L'audience, levée à la mi-journée, doit reprendre demain mardi 29 septembre.

Une information judiciaire en cours parallèlement

Avec la complicité d'une poignée de dirigeants, Monique Piffaut aurait pris l'habitude d'arranger ses comptes en fin d'année, notamment en émettant des fausses factures, dans le but de masquer les difficultés du groupe et de gonfler son chiffre d'affaires. L'ardoise des fausses factures atteignait des sommes astronomiques, jusqu'à 300 millions d'euros, selon les estimations de la presse à l'époque. Une information judiciaire est en cours, dans laquelle des commissaires aux comptes ont été mis en examen.

F.B.