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Êtes-vous fait pour le télétravail ?

Tout le monde n'est pas fait pour télétravailler plusieurs jours d'affilée

Tout le monde n'est pas fait pour télétravailler plusieurs jours d'affilée - Vincent Weinebeer

Pour beaucoup de salariés, la pandémie a été l’occasion de tester le télétravail pour la première fois. Une expérience positive pour certains, et beaucoup moins pour d’autres.

C’est l’heure du retour au bureau. Et des échanges d’expérience sur ces semaines passées à travailler depuis son domicile. Certains ont apprécié cette nouvelle façon de travailler, estimant par exemple que cela leur donnait plus d’autonomie dans la gestion de leur journée, et leur offrait une meilleure concentration et plus de temps de réflexion. Alors que pour d’autres, le télétravail s’est révélé oppressant, a entraîné une chute de la productivité et un sentiment d’isolement.

Il serait trop simple d’expliquer ces divergences de ressenti par le seul fait que certains collaborateurs ont dû jongler entre le travail et leurs enfants, ou bien qu'ils ne disposaient pas d'un espace de travail avec tout le confort nécessaire. En réalité, tout le monde n’est pas armé pour travailler seul et à distance. Être efficace et épanoui en télétravail fait appel à certains compétences douces, les “soft skills”, qui ont fait l’objet de plusieurs études.

L’éditeur de logiciel Talentia Software, en collaboration avec le gestionnaire de talents MPFParis, a developpé une solution concrète pour que chacun puisse connaître son appétence pour le télétravail. L’outil Talentia soft skills, qui s’adresse aux responsables des ressources humaines, permet au travers d’une centaine de questions de savoir si un collaborateur possède les compétences pour le télétravail. En 45 minutes, il reçoit un bilan qui lui indique quelle est la fréquence optimale pour le travail à distance, qui peut varier de 4 à 5 jours par semaine pour les plus aptes à une journée par quinzaine.

“Le télétravail va rester dans les usages, il faut donc mieux accompagner les salariés dans cette pratique qui est nouvelle pour nombre d’entre eux et davantage l’encadrer”, explique Béatrice Piquer, Chief Marketing officelr de Talentia Software.

Quelles sont donc les qualités qui permettent aux salariés de s’épanouir dans le travail à distance ?

> Se faire confiance, une qualité qui permet au collaborateur d’assumer les responsabilités et mission qui lui sont confiées, même en dehors de son environnement de travail

> Savoir mobiliser les ressources de son organisation, une qualité qui permet d’influencer son entourage pour stimuler l’obtention plus rapide de résultats

> Savoir élargir son champ d’interaction, qui sert au salarié en télétravail à solliciter les différents services de son entreprise pour mener à bien sa mission, sans pour autant en abuser.

> Savoir porter son intention sur le besoin d’autrui : cette capacité sert à inscrire son propre travail dans celui que doivent accomplir ses collègues, en s’impliquant, en faisant preuve d’esprit d’équipe afin d’atteindre un but commun, celui de faire avancer l’entreprise.

> Etre stimulé par la complexité : le travail à distance peut compliquer certaines tâches qui paraissent banale au bureau. C’est notamment le cas pour la transmission des infos. Une réunion en visioconférence demande quelques efforts de communication par exemple. Le télétravail est une opportunité pour se dépasser et améliorer sa façon de faire;

> Savoir promouvoir ses talents auprès de la hiérarchie: être efficace et performant c’est bien, mais il faut aussi que les supérieurs aient conscience de ce que le salarié en télétravail apporte au groupe. Il doit savoir mettre en avant les projets sur lesquels il travaille et les succès qu’il rencontre.

Evidemment, personne n’est à 100% performant sur ces six soft skills, et si certaines paraissent un peu abstraites, la batterie de questions permet au travers de situations concrètes d’établir le profil des salariés. Il faut ainsi répondre parmi plusieurs dizaines de profils de personnalités, si l’on se sent plus proche d’une personne qui décide et impose, ne fait pas de sentiment ou plutôt d’une personne qui ne prend des décisions qu’après de solides analyses et se méfie de tous les excès, en parole comme en actes, et ensuite nuancer ces appréciations au travers de notes.

On l’aura compris, apprécier sa capacité de télétravail demande une finesse d’analyse et va au delà de la simple motivation de s’éviter le temps de transport ou le bruit de l’open space. Et attention, il ne s’agit pas de distinguer les bons des mauvais salariés.

“Chaque personne est singulière et repose sur un équilibre de compétences. Il ne s’agit pas de la remettre en cause”, souligne Béatrice Piquer.

A charge ensuite des ressources humaines de proposer à chaque salariés le planning qui lui convient le mieux, au manager de répartir les tâches qui s'adaptent le mieux en télétravail.

Coralie Cathelinais Journaliste BFM Éco