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WICO attaque en justice Wiko

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Le premier, un fournisseur français de services télécoms aux entreprises estime que le second, qui fabrique des smartphones, a ruiné son business et réclame 30 millions d’euros.

C’est un peu l’histoire du pot de fer contre le pot de terre. En 2006, deux jeunes entrepreneurs français lancent Wico, un fournisseur de services de télécommunications pour les entreprises. Et signe plusieurs contrats. Ils déposent évidemment leur marque auprès de l’INPI, l’institut qui protège la propriété intellectuelle.

En 2011, apparaît sur le marché la marque Wiko bien connue des mobinautes puisqu’elle fabrique des smartphones qui connaissent un grand succès. Son siège social est à Marseille mais la production est en Chine (plus tard, la société deviendra 100% chinoise, filiale du géant Tinno).

Très vite, les deux entrepreneurs voient la confusion que peut générer la proximité des marques (et des secteurs couverts) et tente la négociation. « Malgré les discussions, ils ne nous ont rien proposé, à part racheter notre marque 3000 euros. On se rend donc compte que cette entreprise n’est pas très respectueuse de la propriété intellectuelle », nous confie Gilles Pech de Laclause, un des deux créateurs de Wico.

« Menaces »

Sur les moteurs de recherche, Wiko écrase logiquement Wico, ce qui limite évidemment sa visibilité commerciale. Mais surtout, le marseillais essuie en 2014 une belle polémique concernant les usines utilisées en Chine et le travail des enfants.

« A ce moment, on a perdu presque tous nos clients et les prospects nous faisaient des retours négatifs. En gros, on ne peut plus utiliser cette marque et en tirer aucun revenu. Dans le même temps, les avocats de Wiko nous ont baladé et nous ont même menacé, c’est inacceptable », poursuit l’entrepreneur. De son côté, le fabricant de smartphones argue que la marque a été déposée à Hong Kong un an avant le Français.

Une action en justice est lancée en 2016 en contrefaçon contre la société WIKO SAS pour lui interdire l’usage de la marque « WIKO », demandant 30 millions d’euros de dommages intérêts pour la période d’exploitation de 2011 à 2016, avec exécution provisoire sous astreinte. « Depuis, ils jouent la montre, donc on médiatise l’affaire », lance Gilles Pech de Laclause.

Plus de deux ans après le début de cette procédure, une première audience doit avoir lieu en février mars devant le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Olivier CHICHEPORTICHE