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Volkswagen attaqué en justice sur les terres de BMW

La Bavière est le berceau de BMW et d'Audi, l'une des filiales de Volkswagen

La Bavière est le berceau de BMW et d'Audi, l'une des filiales de Volkswagen - AFP

La Bavière a annoncé ce mardi 2 août qu'elle allait porter plainte contre le géant automobile allemand. En cause: le gadin boursier de Volkswagen qui a faite suite au scandale des moteurs truqués et menace les retraites des fonctionnaires bavarois.

La Bavière passe à l'attaque face à Volkswagen. Le Land, berceau du grand rival BMW, va déposer une plainte contre le constructeur automobile à cause de l'effondrement de son action en Bourse après la révélation du scandale des moteurs truqués, a-t-on appris mardi auprès du ministère des Finances de cet Etat régional allemand.

Premier Land à porter plainte dans ce dossier, la Bavière, qui abrite aussi le siège d'Audi, filiale de Volkswagen, a décidé de réclamer des dédommagements, pour "un montant maximum de 700.000 euros", a déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère, confirmant des informations obtenues par l'agence allemande dpa.

Les retraites des fonctionnaires en jeu

Quand fut découvert en septembre dernier que Volkswagen avait truqué onze millions de moteurs diesel pour les faire paraître moins polluants, la sanction a été immédiate à la Bourse de Francfort : l'action du constructeur a perdu 40% en quelques jours.

Or le fonds de pension bavarois, qui finance les retraites des fonctionnaires de la région, en avait quelque 50.000 en portefeuille. Si le titre est depuis remonté, il reste en baisse de 25% par rapport à avant le scandale.

La plainte du fonds de pension de Bavière pour "manquements aux obligations de publication" doit être déposée en septembre auprès du tribunal de Brunswick où se trouve le siège du groupe Volkswagen. L'action en justice a "de grosses chances de succès", a estimé la porte-parole du ministère.

D'autres actionnaires qui ont laissé des plumes dans la chute du titre ont porté plainte contre le constructeur, auquel ils reprochent spécifiquement d'avoir communiqué trop peu et trop tard sur l'affaire, entraînant la dégringolade du titre.

Un autre Land allemand, la Basse-Saxe, est directement actionnaire de Volkswagen, à hauteur de 20%. Mais pour le moment le gouvernement régional, dont plusieurs membres siègent au conseil de surveillance de Volkswagen, n'envisage pas de se retourner contre le groupe, dont le destin est étroitement imbriqué avec la sphère politique.

J.M. avec AFP