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Une agression justifie-t-elle un arrêt des trains?

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Alors que de nombreux contrôleurs ont décidé de cesser le travail, après l'agression d'un de leurs collègues jeudi, le président de la SNCF, le ministre des Transports et de nombreux passagers crient à la démesure. Ont-ils raison ?

Tous déplorent sincèrement l'agression violente dont a été victime, jeudi matin, l'un des contrôleurs du train Corail Lyon-Strasbourg. Mais pour eux, la réponse de ses collègues est disproportionnée. Peu de temps après les faits, un grand nombre d'entre eux ont décidé de faire jouer leur droit de retrait afin de manifester leur colère et leur inquiétude.

«Pénaliser davantage les voyageurs n'est pas la bonne réponse»

Une réponse inadaptée, estime le président de la SNCF, Guillaume Pepy. Il a appelé hier les cheminots à ne pas « pénaliser les voyageurs simplement parce qu'un fou dangereux a agressé des contrôleurs ». Ce vendredi matin, il a ajouté que « pénaliser davantage les voyageurs n'est pas la bonne réponse ». Sur RMC, le ministre des Transports, Thierry Mariani, estime pour sa part que « sincèrement, que les cheminots exercent leur droit de retrait et que des milliers de passagers soient bloqués, ce n'est pas la solution face à l'acte d'un déséquilibré ».

«Mauvaise réponse à un vrai problème»

Quant aux passagers de la SNCF, nombreux étaient jeudi ceux qui se montraient indignés eux-aussi. Interrogé sur un quai de gare jeudi soir, Gilles ne comprend pas: « C'est une agression, c'est grave mais je ne vois pas pourquoi ça devrait perturber tout le réseau ! Tout le monde est vulnérable, n'importe qui peut se faire agresser c'est vrai. Il faut protéger les contrôleurs mais ce n'est pas en faisant des mouvements de grève que vous mettrez de votre côté les voyageurs. C'est une mauvaise réponse à un vrai problème ».

«Cela ne nous fait pas plaisir de poser les sacoches»

Mais les contrôleurs se défendent. Akim s'adresse à Guillaume Pepy: « Qu'il nous propose une solution ! Quelle est la solution de M.Pepy ? Faire comme si de rien n'était, accueillir les voyageurs pendant que dans un train, un autre déséquilibré s'en prend à un autre contrôleur ? Ce n'est pas la solution ! On doit être en sécurité, c'est un acte de solidarité envers notre collègue. Cela ne nous fait pas plaisir de poser les sacoches, aujourd'hui on n'est pas payés. On empêche plusieurs milliers de voyageurs de rentrer chez eux, c'est triste pour eux mais aujourd'hui il y a un drame, on ne sait pas si le collègue va s'en sortir. C'est une solution d'urgence ».

La Rédaction