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Uber va fusionner ses activités en Chine avec son rival Didi Chuxing

Les deux entreprises de VTC ont décidé de s'allier plutôt que de continuer à s'affronter, sur ce marché très prometteur mais pas encore rentable.

Didi Chuxing, principale application chinoise de réservation de taxis et véhicules avec chauffeur, va fusionner avec les activités en Chine de son rival américain Uber. Elle l'a annoncé ce lundi matin, confirmant une information de l'agence financière Bloomberg. De quoi en finir avec leur guerre sans merci sur un marché en plein essor, mais pas encore rentable.

En échange de ses actifs en Chine, Uber recevra des parts équivalant à 20% de la nouvelle entité fusionnée. Une entitée dont la valeur totale est évaluée à 35 milliards de dollars, a indiqué Bloomberg, citant des sources proches du dossier. Le Wall Street Journal avait lui aussi fait part de cette acquisition.

En pratique, Uber China continuera d'opérer dans le pays sous son propre nom, tandis que l'emblématique patron d'Uber Travis Kalanick rejoindra le conseil d'administration de Didi Chuxing. Didi précise qu'il obtiendra "une participation minoritaire" dans Uber, sans fournir de plus amples détails.

Une trêve entre deux rivaux

Sur sa page Facebook, Travis Kalanick se félicite de l'opération: "Dès qu'on parlait de nos efforts (pour percer) en Chine, la plupart des gens nous trouvaient naïfs ou fous, ou les deux à la fois", a-t-il rappelé, avant de se réjouir des progrès d'Uber sur le marché chinois.

Arrivé début 2014 dans le pays, Uber y est désormais présent dans une soixantaine de villes, avec plus de 40 millions de trajets enregistrés chaque semaine. "Cependant (...) j'ai appris que le succès venait d'écouter sa tête aussi bien que son coeur. Servir durablement les villes, passagers et conducteurs chinois, n'est possible qu'avec une entreprise rentable", reconnaît Travis Kalanick, qualifiant Didi de "concurrent redoutable".

De fait, le rapprochement signifie une trêve entre deux rivaux, engagés jusqu'alors dans une bataille acharnée et toujours plus dispendieuse. Et en stoppant l'hémorragie de capitaux et les pertes colossales d'Uber en Chine, la fusion positionnerait le groupe californien pour une éventuelle cotation en Bourse.

Didi Chuxing domine largement le marché

Didi Chuxing compte 300 millions d'usagers inscrits, pour plus de 11 millions de courses effectuées chaque jour à travers 400 villes chinoises. L'application dominait l'an dernier 99% du marché chinois des réservations de taxi en ligne et 87% de celui des réservations de véhicules privés avec chauffeur.

Sur ce créneau, Uber s'arrogeait désormais entre 10 et 15% de parts de marché, mais à coup d'investissements colossaux, subventionnant largement les trajets des usagers. Une stratégie efficace mais extrêmement coûteuse: Travis Kalanick avait reconnu en février que son entreprise brûlait "plus d'un milliard de dollars" par an en Chine.

Évolution de la législation

Ce qui a contraint Didi à adopter une stratégie similaire, en se montrant également très généreux en subventions, et à multiplier les levées de fonds pour assurer le maintien de ses parts de marché: l'entreprise a bouclé fin août une levée spectaculaire de 7,3 milliards de dollars supplémentaires.

Cette annonce intervient par ailleurs moins d'une semaine après la légalisation fin juillet par le gouvernement chinois des applications de réservation de véhicules avec chauffeur, un "tournant" salué par les deux groupes.

Article mis à jour après la confirmation du rachat par les deux groupes.

A.R. avec AFP