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Tesla s'apprête-t-il à chambouler le business model de l'automobile?

Selon Morgan Stanley, Tesla sera le fer de lance de la voiture autonome et partagée

Selon Morgan Stanley, Tesla sera le fer de lance de la voiture autonome et partagée - CC

Selon un analyste de Morgan Stanley, les automobilistes de demain seront de plus en plus nombreux à préférer le partage à la propriété. Tesla devrait, selon lui, faire une annonce retentissante en la matière. De quoi prendre une longueur d'avance sur ses concurrents.

Un nouveau monde de l'automobile est en train d'émerger et c'est Tesla qui en est le héraut. Voilà la teneur d'une note publiée lundi 17 août par Morgan Stanley. Selon Adam Jonas, le spécialiste du secteur auprès de la banque américaine, l'automobile que l'on connait depuis 100 ans et qui est "pilotée par l'homme, privative et à moteur thermique" va entrer dans une nouvelle ère. Elle sera désormais autonome, électrique et partagée. 

Et c'est ce dernier point qui est particulièrement intéressant. Car si on connait déjà la voiture électrique et autonome, la voiture partagée en revanche est un concept relativement nouveau pour un constructeur automobile. Or selon Morgan Stanley, le constructeur californien devrait innover en la matière d'ici quelques mois. "Il serait étonnant que Tesla ne dévoile pas de nouveaux business model en terme d'automobile partagée d'ici 12 à 18 mois, peut-on lire dans la note. Cela pourrait être rapidement suivi par une exploitation commerciale dès 2018, un peu après le lancement du Model 3 qui servirait d'ossature à ce modèle de transport urbain (PODS en anglais pour "Position on demand service") qui pourrait s'appeler Tesla Mobility 1.0."

De Tesla à Uber

Si cet analyste dit vrai, Tesla pourrait se muer en Uber avec ces modules de transport autonomes. Une activité qui serait pour la marque complémentaire à celle de la vente de voitures personnelles et qui pourrait, selon ses prévisions, tripler ses revenus potentiel à horizon 2029. Et si une foultitude de marques travaille sur le concept de la voiture autonome (de Google à BMW en passant par Volvo ou Apple), c'est Tesla qui serait la mieux placée pour décrocher la timbale. "100% des Tesla sont déjà électriques, connectées et capables de s'améliorer avec les mises à jour de leur firmware", écrit l'analyste. 

Mais ce concept de la voiture urbaine partagée et complètement autonome, sorte d'Uber sans pilote qui sillonnerait les villes, peut-il percer? Pas sûr. "Je pense que la voiture, même si les gens en ont de plus en plus une vision fonctionnelle, restera un objet émotionnel avec des marques puissantes, estime Jean-François Belorgey, spécialiste des marchés automobiles chez EY. Les constructeurs "classiques" selon moi garderont la main sur ce marché et les gens voudront toujours leur propre voiture." Une voiture améliorée ou un changement de paradigme? L'arrivée de la Silicon Valley sur ce marché aura, dans tous les cas, lancé un nouveau débat.

Frédéric Bianchi