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SNCF: pas de grève avant le 15 mars

L'intersyndicale se prononcera le 15 mars sur une éventuelle mobilisation. La CGT-cheminots prévient d'ores et déjà qu'"il y aura grève à la SNCF" si le gouvernement "maintient son projet en l'état".

Les représentants des quatre syndicats de la SNCF, réunis ce mardi, ont décidé d'attendre l'issue des prochaines discussions avec le gouvernement avant de se prononcer sur une éventuelle grève. Ils se réuniront à nouveau le 15 mars pour prendre leur décision. 

La CGT-cheminots, la CFDT-cheminots, l'Unsa-ferroviaire et SUD-rail sont "d'accord sur le rejet des propos du gouvernement et des propositions du Premier ministre", a déclaré mardi Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-cheminots, syndicat majoritaire à la SNCF. Les quatre organisations dénoncent notamment "le caractère stigmatisant pour les cheminots de ces déclarations".

"Si le gouvernement est dans la logique du passage en force"

En conséquences, l'intersyndicale a "convenu de déposer une alarme sociale dès [mercredi] soir en prévision d’un dépôt de préavis de grève", a poursuivi Laurent Brun. À la SNCF, cette procédure est obligatoire avant de déclencher une grève.

Dans les prochains jours, des rencontres vont se tenir entre les représentants syndicaux et le ministère des Transports. À la suite de ces rendez-vous, l'intersyndicale va se réunir à nouveau le 15 mars "pour analyser l’appréciation des cheminots sur ce qui va être dit durant ces différentes rencontres et le contenu du projet qui sera publié par le gouvernement", a précisé le numéro un de la CGT-cheminots, avant de prévenir:

"Si le 15 [mars] nous constatons que le gouvernement est dans la logique du passage en force, c'est-à-dire qu’il maintient son projet en l’état, il y aura grève à la SNCF."

Concernant la manifestation du 22 mars, la date est "maintenue", a affirmé Laurent Brun. "Nous sommes en train de discuter du caractère de l’appel".

"On assumera la confrontation"

Lorsqu'Edouard Philippe a annoncé lundi son choix de légiférer par ordonnances, les syndicats ont tout de suite dénoncé la méthode du gouvernement. "Il ne s'agit pas de passer en force", s'est défendue la ministre des Transports, Élisabeth Borne, sur RMC et BFMTV mardi matin. "Le rapport de force ce n'est pas ce que souhaite le gouvernement [...] commençons par discuter", a-t-elle suggéré. 

De leur côté, les syndicats estiment ne pas avoir été entendus par le gouvernement. Les organisations ont participé à des concertations avec le ministère et avec Jean-Cyril Spinetta pour la rédaction de son rapport, qui a servi de base au projet de réforme de la SNCF. 

"Nous avons constaté malheureusement que toutes nos critiques du rapport Spinetta ont complètement été balayées par le gouvernement, rien n’a été retenu", a déploré Laurent Brun. "Si on est dans cette situation de dialogue-là, évidemment on n'est pas dans le dialogue, on est dans la confrontation et donc on assumera la confrontation", a-t-il prévenu. 

Lundi, le secrétaire général de la CGT-cheminots a indiqué au Parisien qu'il était prêt à "un mois de conflit" pour "faire plier le gouvernement". "On est sûrement parti pour l'un des plus importants mouvements sociaux de l'histoire de la SNCF."

J.-C.C.