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SNCF: pas de baisse des prix, si les salariés ne font pas un effort

Guillaume Pepy estime que les salariés sont prêts à suivre le sens du changement qui vont vers plus de productivité.

Guillaume Pepy estime que les salariés sont prêts à suivre le sens du changement qui vont vers plus de productivité. - Patrick Kovarik - AFP

Aux clients de la SNCF qui se plaignent des tarifs de plus en plus élevés, le PDG répond dans un entretien aux Echos que 25% des billets longues distances sont vendus moins de 30 euros. Mais pour maintenir cette politique, il faut améliorer la compétitivité du groupe.

"SNCF doit tout faire pour les Français n'aient pas à réduire leur mobilité pendant la crise", clame Guillaume Pepy, le PDG du groupe ferroviaire dans les Echos de ce lundi. Il répond ainsi aux nombreux usagers qui se plaignent des tarifs de plus en plus élevés du train. "Nous multiplions les petits prix, avec un objectif à terme de 30% des billets longues distance à petits prix, c’est-à-dire à moins de 30 euros. Nous sommes aujourd'hui à environ 25%" rétorque le dirigeant. Selon lui, la perception des consommateurs est faussée par l'augmentation de la TVA, qui est passée de 5,5% à 10% en 3 ans. Or justement, la politique de petits prix voulue par la SNCF a permis de lisser cette augmentation "le prix moyen payé par le client n'a augmenté que de 0,8%" alors que la TVA a gagné 3 points l'an passé.

Il souligne aussi toute la palette de produits "low price" comme Ouigo, iDbus, les TGV 100% Prems, Intercités 100% éco. " Et tout récemment les cartes iDTGV en illimité qui ont été vendues en moins de 48 heures.", cite-t-il en exemple. Cette opération spéciale lancée pour les 10 ans d'iDTGV en janvier a effectivement été un succés. 10.000 cartes permettant de voyager vers 50 destinations en France en illimité pour 59,90 euros ont été mises sur le marché au tarif ultra compétitif de 29,90 euros par mois.

Chaque heure payée doit être une heure productive

Mais il n'y a pas de secret: "c'est pour baisser les prix que nous devons baisser les coûts" explique Guillaume Pepy pour qui "la compétitivité est mère de toutes les batailles. C'est elle qui décidera de l'avenir de la SNCF". Le groupe ferroviaire a déjà économisé 465 millions d'euros sur les frais de structures. Un plan de performance industrielle a également été engagé afin de réaménager les processus de production.

"L'objectif n'est pas de supprimer des postes, mais de produire plus en produisons autrement, assure le PDG du groupe ferroviaire. Et d'expliquer que des gains de productivité sont possibles dans la surveillance des voies grâce à l'internet des objets qui permet par exemple de surveiller à distance l'état des composants.

De plus, il veut s'assurer que "chaque heure payée soit une heure productive". Des négociations avec les syndicats et les salariés vont porter sur l'organisation et la définition du temps de travail. Il cite ainsi en exemple "certains (concurrents privées, ndlr) peuvent faire avec trois salariés ce que nous faisons avec quatre ou cinq. C'est sur ce type de sujet que nous devons discuter". Et selon lui, les salariés sont "lucides et prêts à suivre si on leur montre le sens du changement".

C.C.