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Transports

SNCF : les tarifs vont augmenter de 2,3%

Les tarifs vont augmenter de 2,3%, mais le lot d'offres à petit prix sur Internet sera gonflé

Les tarifs vont augmenter de 2,3%, mais le lot d'offres à petit prix sur Internet sera gonflé - -

A partir du 24 janvier, les tarifs de la SNCF vont augmenter de 2,3% pour financer les investissements de l’entreprise. Des représentants d’usagers regrettent qu’il n’y ait pas assez de contreparties.

Le 24 janvier, il va falloir faire chauffer la carte bleue pour prendre le train. La SNCF prévoit en effet d’augmenter les tarifs de ses billets de 2,3%, soit presque le double de l’inflation (+1,3%), même si l'augmentation doit encore être homologuée par l'Etat. En contrepartie, la SNCF s'engage à augmenter de 20% le volume de ses petits prix via les billets prem's, IDTGV et le lancement fin février du TGV Eco sur les lignes Paris-Lyon et Paris-Marseille. L’entreprise justifie cet ajustement par des investissements sans précédent : plus de 2 milliards et demi d'euros cette année, avec 15 nouveaux TGV, le double de trains réaménagés, 350 nouvelles rames sur le réseau régional et des dizaines de gares rénovées, notamment à Toulon, Lille, Montpellier ou Dijon. La hausse concernera également les abonnés Fréquence TGV et Intercités, mais certains usagers seront tout de même épargnés, notamment les détenteurs d'une carte Forfait et les étudiants.

« Des tarifs à deux vitesses »

Jean-Claude Delarue, président de la Fédération des usagers des transports et des services publics (FUT-SP), estime que 20% de billets à petits prix en plus ne suffit pas pour compenser la hausse. « Des tarifs plus bas sont toujours bons à prendre pour les personnes qui ont la chance de pouvoir les avoir. Il n’en reste pas moins que les personnes qui arrivent à avoir des tarifs bon marché à la SNCF sont passées par Internet, et pour cela il faut déjà savoir le faire, et il y a encore beaucoup de personnes en France qui ne savent pas le faire, notamment les personnes âgées. On risque d’avoir encore plus une fracture numérique, avec des tarifs à deux vitesses, pour ceux qui savent se débrouiller, et plus élevés pour ceux qui ne savent pas le faire ».

« Que l’offre soit considérablement améliorée »

Président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), Jean Sivardière est, lui, prêt à avoir les prix grimper… à certaines conditions. « Il semble que c’est l’intérêt des usagers d’accepter une telle hausse, à condition bien sûr que l’offre soit considérablement améliorée. Une des préoccupations essentielles des voyageurs, c’est la mauvaise qualité de l’offre concernant les trains Intercité, les trains Corail. Ils ont des fréquences insuffisantes, des performances en termes de vitesse insuffisantes également. Prenez l’exemple Nantes-Bordeaux, il y a seulement trois trains par jour. Si nous étions en Suisse, il y en aurait dix ».

Mathias Chaillot avec Amélie Rosique