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SNCF: les syndicats pourraient saisir l'inspection du travail

La CGT-cheminots est le premier syndicat à la SNCF.

La CGT-cheminots est le premier syndicat à la SNCF. - Fred Dufour - AFP

La direction de la SNCF ne prend pas en compte les 18 épisodes de grèves de deux jours mais considère qu'il s'agit d'une seule et même grève et rémunérera les cheminots sur cette base-là. Si la direction ne reconnaît pas les préavis, "alors c'est une remise en cause du droit de grève et c'est l'inspection du travail" qui tranchera, selon la CGT.

Les syndicats CGT, Unsa et CFDT de la SNCF ont annoncé jeudi soir qu'ils pourraient saisir l'inspection du travail sur la décision de la direction de ne pas payer des jours de repos de grévistes.

La direction considère que les 18 épisodes de deux jours de grève annoncés d'avril à juin, "c'est une seule et même grève contre la réforme du système ferroviaire, et donc les règles normales de l'entreprise s'appliquent", avait estimé le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, jeudi matin sur France 2.

"La direction affiche qu'elle conteste nos préavis" de grève "mais elle ne les met pas au tribunal. Si elle va au tribunal, c'est le tribunal qui tranchera; si elle n'y va pas et qu'elle affirme aux salariés que nos préavis ne sont pas valables, alors c'est une remise en cause du droit de grève et c'est la Dirrecte, l'inspection du travail, qui devra trancher", a déclaré de son côté à la presse Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots.

"Ça ne tient pas la route"

"Tous nos conseils juridiques nous disent que ça ne tient pas la route", c'est une "tentative de dissuader les agents de faire grève", a-t-il ajouté, à l'issue d'une réunion des trois syndicats qui ont lancé un mouvement de deux jours d'arrêt de travail sur cinq.

Ces syndicats ont "pour l'instant posé un seul préavis" (pour les 3 et 4 avril), a rappelé Laurent Brun, indiquant que le deuxième préavis (pour les 8 et 9 avril) serait "posé samedi sur des revendications différentes" car "ce sont des mouvements indépendants".

La direction accusée de vouloir "casser socialement les grévistes"

La direction a jugé dans un communiqué que la série de 18 épisodes de grève sur trois mois constituait un "mouvement unique", malgré "l'existence de préavis différenciés", car les syndicats "ont clairement indiqué qu'ils engageaient un mouvement de grève global en lien avec la réforme" de la SNCF. Cette considération lui permet de ne pas payer des jours de repos de grévistes.

Selon cette méthode, "à partir du troisième jour de grève, on ne vous en compte pas trois", mais "quatre", a expliqué Laurent Brun. S'il est "tout à fait normal" de ne pas être payé un jour de grève, "nous ne voulons pas en payer plus", a-t-il dit.

Estimant que cette "démarche ne tiendra pas longtemps", Laurent Brun a accusé la direction de vouloir "casser socialement les grévistes" et de "perdre son sang-froid". 

Le droit de grève "intégralement respecté, assure Pépy

La CGT (1er syndicat du groupe), l'Unsa (2e) et la CFDT (4e) ont appelé la direction "à organiser de véritables négociations sur les sujets précis et distincts qui font l'objet des préavis". Leur premier préavis court précisément de lundi à 19 heures jusqu'à jeudi prochain à 8 heures.

De son côté, SUD Rail (3e syndicat), qui a déposé un préavis de grève illimitée à partir de 20H00 lundi, a accusé la direction d'utiliser un "arsenal pour tenter de freiner la mobilisation des cheminots" et "d'entraver (leur) droit de grève".

"Le droit de grève est intégralement respecté à la SNCF", a assuré jeudi Guillaume Pepy. "Et d'ailleurs il faudra aussi que le droit au travail soit intégralement respecté" a-t-il ajouté.

J.-C.C. avec AFP