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Seulement un tiers des passagers habituels voyagent via les liaisons transmanches

Invité de BFM Business, Jean-Marc Roué, président de Brittany Ferries, attend beaucoup du nouveau ministre de la Mer pour soutenir le secteur.

C'est un peu la double peine pour le secteur français des liaisons transmanches, notamment par ferries. La perspective du Brexit et l'épidémie de coronavirus qui a immobilisé les navires pendant près de quatre mois ont plongé la filière dans le marasme.

Sur BFM Business, Jean-Marc Roué, président de Brittany Ferries (premier employeur de marins en France, 442 millions de revenus en 2019) dit s'attendre à une perte de plus de la moitié de son chiffre d'affaires cette année.

Et si l'annonce de la levée de la quatorzaine pour les voyageurs entrant en Grande-Bretagne est une bonne nouvelle, avec donc le redémarrage des liaisons, la reprise reste "petite" avec pour le moment "un tiers des volumes passagers" habituels chez les trois opérateurs (Brittany, DFDS et Eurostar).

Besoin d'un plan de soutien spécifique

"Il faut être très clair, le climat reste très tendu dans les esprits et sur le terrain", se désole Jean-Marc Roué. D'autant plus que pour respecter les mesures de distanciation sociale, les navires doivent réduire le nombre de passagers à bord.

Autant de vents contraires qui font planer une menace vitale sur le secteur, selon le dirigeant. Sans oublier la fin du duty free dans les navires décidée en 1999. Jean-Marc Roué rappelle ainsi que "trois compagnies ont disparu et quasiment la moitié des bateaux" dans les dernières années.

"J'espère que cette industrie qui est très favorable à la France puisque 80% du chiffre d'affaires nous est fourni par les Anglais et la grande majorité des salariés sont Français, j'espère qu'en voulant réindustrialiser certains secteurs d'activité (...) on ne vas déshabiller Paul pour rhabiller l'autre".

"On a besoin" d'un plan de soutien spécifique, (...) la préservation de l'emploi viendra par des moyens forts de l'exécutif français", insiste le dirigeant qui compte sur le soutien de la nouvelle ministre de la Mer, Annick Girardin. "Ca fait 30 ans que ça n'existait pas", souligne Jean-Marc Roué.

Olivier Chicheportiche