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RER A: un vendredi qui risque d'être également perturbé

Les centaines de milliers de voyageurs de la ligne A du RER pourraient connaître à nouveau des difficultés ce vendredi.

Les centaines de milliers de voyageurs de la ligne A du RER pourraient connaître à nouveau des difficultés ce vendredi. - Stéphane De Sakutin - AFP

Après un jeudi noir pour les 1,2 million d'usagers quotidiens du RER A, aucune consigne précise n'a été donnée pour la nouvelle journée de vendredi. De nouvelles perturbations pourraient de nouveau se produire. Tout ce qu'il faut savoir.

Vers une nouvelle journée de galère sur la ligne ferroviaire la plus chargée d'Europe? Les centaines de milliers de voyageurs de la ligne A du RER pourraient connaître à nouveau des difficultés ce vendredi, les syndicats ne donnant pas de mot d'ordre aux conducteurs qui s'étaient spontanément mis en grève jeudi provoquant la paralysie du trafic.

Le cauchemar pour 1,2 million de passager est né d'un arrêt de travail spontané des conducteurs pour dénoncer l'agression d'un des leurs qui a entraîné l'interruption du trafic une partie de la journée, puis de nouveau en soirée.

Vendredi, ce pourrait être partie remise puisqu'une réunion avec la direction s'est terminée jeudi soir sur "un constat de désaccord".

"Le mouvement appartient aux conducteurs" 

"Il n'y a aucun mot d'ordre, le mouvement appartient aux conducteurs, à eux de décider", a déclaré à l'issue de la réunion Thierry Babec de l'Unsa RATP - premier syndicat sur la ligne, qui dessert le quartier d'affaires de La Défense à l'Ouest de Paris et Disneyland Paris à l'est de la capitale. 

"Si le travail ne reprend pas demain matin, l'entreprise fera tourner tous les effectifs disponibles d'encadrement. Il y aura des trains demain matin c'est sûr, mais combien?", dit-il. "Les gens feront ce qu'ils veulent. On verra ce qui va se passer", lâche de son côté un conducteur de Torcy, en Seine-et-Marne. 

Vers plus de soutiens sur les quais pour les passagers

Dans une note, la direction promet une réunion de travail vendredi pour "définir les modalités de traitement des enquêtes d'exploitation" et "cadrer les relations entre encadrement de proximité et conducteurs". En cas d'incident, la RATP "s'engage à compléter le dispositif actuel" de manière "à le rendre conforme aux souhaits exprimés par le personnel de conduite".

La direction s'engage aussi "à proposer une organisation permettant d'améliorer le soutien opérationnel sur les quais" "Je sais comment rentrer chez moi, mais je n'arrive pas à trouver le bon train", témoigne Lara, gare Saint-Lazare, où les passagers ont été invités à se dérouter pour prendre d'autres trains. "J'ai mis deux heures pour venir ce matin, au lieu de 40 minutes", dit-elle. 

Les conducteurs ont cessé le travail à leur prise de service en apprenant l'agression de leur collègue, mercredi soir en gare de Torcy. Selon une source policière, un passager s'est fait coincer la main lors de la fermeture d'une porte et le signal d'alarme a été activé. "Énervé", l'homme a donné "un coup de tête" au conducteur qui avait quitté sa cabine "pour réarmer le système d'alarme", avant de prendre la fuite. Le conducteur a eu le nez fracturé.

Des terminus à 19 heures

Le trafic du RER A a repris partiellement et progressivement à partir de 16h30 mais les derniers trains de la journée partaient à 19 heures des terminus, selon la RATP, qui a renforcé des lignes de métro et mis en place des bus de substitution.

A Saint-Germain-en-Laye; dans les Yvelines, l'un des terminus de la ligne, à l'arrivée peu après 18 heures d'un des premiers RER ayant repris le trafic, des passagers pressés soulignent avoir eu moins de mal au retour qu'à l'aller. "J'ai eu de la chance", confie Elisabeth, assistante de direction.

L'interruption totale du trafic pendant la plus grande partie de la journée constitue une première pour cette ligne ferroviaire, la plus chargée d'Europe.

Pas la réponse appropriée

Les conducteurs n'en peuvent plus: "La direction leur met au quotidien la pression pour respecter les horaires", alors que la ligne est "sous-dimensionnée", explique M. Babec (Unsa).

En "envoyant des cadres" faire rouler des trains en fin de journée, "la direction va attiser les tensions", estime Jean-Christophe Delprat (SUD), "au lieu de chercher l'apaisement et de nous annoncer des mesures de renforcement de sécurisation des réseaux et d'accompagnement des conducteurs".

Le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies, "solidaire" du conducteur, a jugé que l'interruption du trafic "ne (pouvait) constituer la bonne réponse".

"L'interruption spontanée du trafic sans respect des règles de préavis n'est pas une réponse appropriée à ce genre de situation", a également estimé le PDG de la RATP Pierre Mongin, tout en condamnant "fermement" une "inadmissible agression".

Jé. M. avec AFP