BFM Business

Pourquoi le marché automobile repart plus vite en France que dans le reste de l'Europe

Sur BFM Business, Vincent Salimon, président du directoire de BMW France, met en avant les mesures incitatives prises par le gouvernement et sa réactivité face à la crise.

Le marché de l'automobile repart bien plus en vite en France que dans le reste de l'Europe. En juin, les ventes sur le Vieux continent ont en effet chuté de 22,3%, alors que dans l'Hexagone elles progressent sur un an de 1,2%. Au sein de l'Union européenne, la France s'est distinguée en étant le seul pays en hausse.

Une conséquence "des nouvelles mesures pour stimuler les ventes de véhicules à faibles émissions introduites début juin par le gouvernement français", a commenté l'ACEA, l'Association des constructeurs européens d'automobiles.

Mobilité durable

Rappelons que la France a déployé un plan de soutien massif au secteur: Paris a notamment élargi ses aides aux achats de véhicules hybrides rechargeables et surtout instauré une prime à la casse pour la mise au rebut de véhicules âgés qui a fait venir de nombreux clients en concessions.

Un constat confirmé par Vincent Salimon, président du directoire de BMW France.

"Je pense que les mesures du gouvernement ont été très bonnes parce qu'elles ciblaient d'abord une approche incitative. Vraiment c'était l'opportunité d'inciter les acheteurs à revenir en concessions. Et puis elle avait une approche écologique très importante de mobilité durable", explique-t-il ce jeudi sur BFM Business.

Mais pour le responsable, plus que ces primes incitatives, c'est la réactivité du gouvernement face à la crise du secteur qui a fait la différence. "Le gouvernement est allé très vite. Les décisions ont été mises en place dès début juin. D'autres pays peuvent imiter ce qui a été fait en France".

Chute à deux chiffres ailleurs en Europe

Car ailleurs en Europe, la situation reste très critique à l'image de l'Espagne (-36,7%), de l'Allemagne (-32,3%) et de l'Italie (-23,1%). "C'est essentiellement les mesures gouvernementales" qui expliquent cette différence, insiste Vincent Salimon "et la réactivité du gouvernement qui a souhaité (...) investir largement et rapidement (...) car il est essentiel de relancer cette économie qui a besoin d'un soutien très fort".

Sur l'ensemble du premier semestre, les livraisons de voitures neuves dans l'UE se sont effondrées de 38,1%, selon l'ACEA qui table sur un recul historique de 25% pour l'année 2020 malgré le bond des ventes de véhicules électriques et hybrides.

Olivier Chicheportiche avec AFP