BFM Business

Pourquoi l’Inde interdit les véhicules autonomes sur son réseau routier

Un véhicule autonome Volvo effectuant ses tests routiers (image d'illustration)

Un véhicule autonome Volvo effectuant ses tests routiers (image d'illustration) - Volvo - Handout - AFP Photo

En Inde, le ministre des Transports a réaffirmé son opposition aux véhicules sans chauffeurs. Il estime que leur déploiement représente une menace pour le pays.

Les véhicules sans chauffeurs ne sont pas les bienvenus en Inde. Mardi 25 juillet, à l'occasion d'une conférence de presse sur ce sujet, le ministre indien des Transports a voulu "être très clair sur ce point". Nitin Gadkari a assuré "qu'aucune voiture autonome ne sera autorisée à circuler" dans le pays.

Les entreprises américaines comme Uber, Waymo (filiale de Google) ou Lyft, mais aussi les nombreux constructeurs (BMW, Tesla, Mercedes ou Volvo) qui travaillent sur cette technologie sont donc priés d'aller voir ailleurs. Que ce soit pour tester leurs prototypes en conditions réelles de circulation, ou, à terme, pour commercialiser leurs modèles.

Alors que de nombreux pays modifient actuellement leur législation pour accueillir les véhicules sans chauffeurs sur leurs routes, Nitin Gadkari a justifié sa décision en expliquant que ce type d'automobiles fait peser une grave menace sur le pays. Selon lui, leur émergence va peser sur le marché du travail et créer davantage de chômage.

"Nous n'autoriserons aucune technologie à s'emparer de nos emplois. Dans un pays où il y a du chômage, vous ne pouvez pas laisser une technologie qui finit par voler des emplois aux gens" a déclaré le ministre indien des Transports. 

Les entreprises locales recrutent des milliers de chauffeurs

Selon le quotidien anglophone Hindustan Times, il y aurait actuellement 22.000 postes de chauffeurs à pourvoir dans le pays. Pour trouver la main d'oeuvre nécessaire, le gouvernement a prévu d'ouvrir une centaine de centres de formation dans le pays.

Selon la BBC, le député indien Gaurav Pandh a commenté sur Twitter cette décision du gouvernement en rappelant que les mêmes arguments ont été utilisés "lorsque les ordinateurs ont été introduits en Inde". De son côté, le ministre indien des Transports n'a pas précisé si la société indienne Tata Elxsisi pourrait continuer à développer et tester ses véhicules autonomes dans le pays.

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV