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Pour résister aux crises, le patron de Faurecia mise sur le cash, "le nerf de la guerre"

Sur BFM Business, le directeur général de l'équipementier automobile Faurecia estime que les grandes crises sanitaires ou environnementales vont se multiplier. La résilience des entreprises dépendra de leur capacité à constituer de la trésorerie.

La crise que nous traversons n'en est qu'à ses débuts. Et il pourrait y avoir d'autres épisodes de crise sanitaire à l'avenir. Les entreprises doivent donc adapter leurs modèles à ce nouveau contexte. Ne plus forcément parier sur la rentabilité et la croissance mais plutôt sur la résilience. C'est en tout cas l'avis de Patrick Koller, directeur général de Faurecia, qui était l'invité ce mercredi de Good Morning Business.

"Nous avons un problème de réchauffement de la planète, ce qui va induire un certain nombre de crises climatiques. On voit également que les tensions géopolitiques augmentent. On voit que les tensions sociales aussi augmentent. Donc je crois qu'on rentre dans une phase de plus grande incertitude. (...) Et je crois que la seule réponse valable à cette période, c'est la résilience. Et la crise du covid-19 montre ou démontre que globalement nos résiliences, que ce soit au niveau des Etats ou au niveau des entreprises n'est pas suffisante".

Les marchés doivent changer leurs paramètres d'évaluation 

"Je crois que c'est sur ça qu'il faut se focaliser et le premier paramètre à prendre en compte, c'est le cash, c'est la trésorerie", souligne le dirigeant.

Constituer un matelas de trésorerie est donc une priorité "parce que c'est ce qui vous donne la flexibilité, particulièrement en temps de crise. C'est aussi ce qui vous permettra à la sortie de crise de saisir les opportunités. C'est finalement le véritable nerf de la guerre. La génération de cash et la maîtrise de la consommation de cash vont être à mon avis absolument essentielles dans la période à venir". 

Une approche que doivent également prendre en compte les marchés "qui se sont beaucoup intéressés à la marge et à la croissance en faisant de ces deux paramètres, les paramètres essentiels de l'évaluation des entreprises. Je pense que le cash et la résilience sont des paramètres qu'il va falloir additionner pour mieux équilibrer cette évaluation", juge Patrick Koller.

Olivier Chicheportiche