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Peugeot : les coups durs s'accumulent

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Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Peugeot. General Motors, la grande firme américaine d’autos a annoncé qu’elle allait vendre ses parts dans l’entreprise. Elle détient 7% du capital.

Le cours de l’action de Peugeot est en baisse à 10,63€ soit 7,6% de recul en un jour. Peugeot subit à la fois des problèmes structurels mais aussi les conséquences de l’agitation confuse qu’entretiennent autour d’elle les pouvoirs publics.

Nouveau coup dur pour Peugeot : General Motors s'en va

Dans le départ de General Motors, il y a une composante strictement américaine. Le PDG de cette entreprise va quitter son poste au 15 janvier et il prend un certain nombre de décisions avant son départ comme son retrait d’Australie ou de Peugeot.

Mais il y a bien évidemment une composante propre à Peugeot. La nouvelle PDG de GM, Mary Barra, était auparavant responsable notamment d’Opel et elle connaît bien les dossiers européens. Elle a donc fortement milité pour ce retrait du fait d’abord du peu de réalisation commune concrète entre les deux entreprises, mais surtout du fait de la confusion qui s’installe sur l’avenir de Peugeot.

Où en sommes-nous ?

Difficile à dire. Philippe Varin s’en va mais son successeur a dit qu’il ferait la même politique. Un accord avec les Chinois en cours de négociation mais ceux-ci annoncent qu’ils veulent valoriser leur participation sur la base d’un cours de l’action de 7€ soit 40% en dessous de sa valeur actuelle. C’est-à-dire qu’ils annoncent clairement qu’à leurs yeux, l’entreprise est plus mal ne point qu’elle ne le dit.

Evidemment, c’est une position de négociation et on peut faire confiance aux Chinois pour habilement négocier. Le ministre du Redressement productif multiplie les déclarations dont on pourrait tirer comme conclusion que l’Etat va nationaliser en partie Peugeot. C’est-à-dire qu’à l’heure où l’Etat envisage de vendre sa participation dans Renault en précisant que sa vocation n’est pas de produire des automobiles, il deviendrait actionnaire de Peugeot. 

Signalons au passage que la Commission européenne doit donner son accord à une intervention financière de l’Etat car celle-ci aurait comme conséquence de fausser la concurrence et déjà les autres constructeurs automobiles européens ont fait savoir qu’ils lui demanderaient des comptes. Sans parler des prises de position discrètes de Thierry Peugeot , le représentant de la famille, qui rappelle qu’elle a son mot à dire…

De tout cela ne reste que le constat fait par le rapport Sartorius il y a un an d’une entreprise qui a perdu des parts de marché en France, qui a mal négocié son internationalisation et qui a besoin pour s’en sortir de faire des gains de productivité, c’est-à-dire concrètement qui va supprimer énormément d’emplois.

Jean-Marc Daniel