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Les principaux points du rapport sur la situation de PSA Peugeot Citroën

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Dans son rapport sur PSA, l’expert Emmanuel Sartorius dresse la liste de toutes les erreurs de la direction du groupe. RMC fait le point.

Ce mardi matin, Emmanuel Sartorius, expert mandaté par le gouvernement, dévoilait son rapport sur la fermeture de l’usine PSA d’Aulnay-sous-bois. Il y pointe du doigt toutes les erreurs réalisées par la direction du groupe.

Situation financière

Le constructeur automobile a enregistré une perte nette de 819 millions d'euros au premier semestre et connaît « un rythme de consommation de cash opérationnel intenable » sans pour autant avoir « de problème de trésorerie à court terme ».

Surcapacités

« La nécessité, dans son principe, d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n'est malheureusement pas contestable ». « PSA ne peut pas se contenter de mesures temporaires. Le groupe doit restructurer son appareil de production ».
« La réduction des effectifs de structure ne devra pas se faire à l'aveugle; le potentiel de recherche et de développement du groupe, qui conditionne son avenir, ne devra pas être entamé ».

Manque d'internationalisation

« La direction de PSA semble avoir manqué d'ambition dans l'internationalisation ». Du coup, « le groupe paye probablement aujourd'hui les conséquences de sa taille modeste (8e constructeur mondial) ». Dans le même temps, sa direction a « manqué de réalisme » en visant quatre millions de véhicules produits par an.

Manque d'alliances

« PSA a choisi jusqu'à présent de préserver son indépendance » en privilégiant une politique de partenariats limités qui « s'essouffle ».

Dividendes et rachats d'actions

« De 1999 à 2011, PSA a distribué des dividendes pour un montant total de 2,867 milliards d'euros, tout en menant simultanément un programme de rachat d'actions pour 3,082 milliards qui a permis aux actionnaires historiques (la famille Peugeot, ndlr) de remonter au capital du groupe ». La décision de l'assemblée générale en 2011 de verser près de 450 millions d'euros pour les dividendes et rachats d'actions « paraît inopportune » et « a privé le groupe de ressources financières ».

L'alliance avec General Motors

« Sur le moyen et le long terme, l'avenir de PSA passe par une stratégie d'alliance avec un grand constructeur mondial. Dans l'immédiat, PSA doit d'urgence redresser la situation ».

Aulnay

« La direction de PSA porte son choix sur l'arrêt d'une ligne d'assemblage, celle de l'usine d'Aulnay, choix douloureux pour la France. En revanche, elle évacue rapidement la possibilité d'arrêter son usine de Madrid, qui souffre pourtant de nombreux défauts (usine ancienne, de faible capacité, en ville, éloignée de ses fournisseurs) et dans laquelle elle a engagé des investissements en vue d'y produire un nouveau modèle ».
« Si l'arrêt de la ligne d'assemblage d'Aulnay était décidé, il faudrait alors démarrer ces nouvelles activités sur le site sans attendre l'arrêt de la chaîne d'assemblage (2014), de façon à en minimiser l'impact » et aussi « examiner de près" la situation des sous-traitants ».

Rennes

« L'affectation d'un nouveau modèle à Rennes et les investissements qui y sont liés doivent être garantis, comme annoncé par la direction ». Son avenir ne doit pas dépendre de l'alliance PSA-GM ».

Renouer le dialogue social

« La direction de PSA semble éprouver des difficultés à établir un vrai dialogue sur la stratégie de l'entreprise avec les partenaires sociaux ». « L'histoire aurait probablement pu être écrite de façon différente si la direction de PSA avait entamé en amont un dialogue transparent avec les partenaires sociaux et les pouvoirs publics pour aboutir à une réflexion partagée sur l'avenir des sites industriels du groupe ».
« A présent, "les mesures du plan doivent être limitées strictement à ce qui est nécessaire au redressement de l'entreprise ; toutes les pistes doivent être explorées, dans le cadre d'un dialogue social exemplaire ».

La rédaction avec AFP