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Les constructeurs automobiles "ne souhaitent pas" que les primes à l'achat perdurent

Invité sur BFM Business, François Roudier, président du CCFA (Comité des constructeurs français automobile) commente la reprise du marché au moins de juin, porté notamment par le succès des primes à la conversion.

Belle embellie pour le marché automobile français qui reprend de la vigueur en juin après avoir bu la tasse en avril et en mai pour cause de confinement. Les ventes ont en effet progressé de 1,2% sur un an avec 233.818 véhicules écoulés.

"Le marché repart", s'enthousiasme ce mercredi sur BFM Business François Roudier, président du CCFA (Comité des constructeurs français automobile). Un redémarrage que l'on doit surtout à des primes à la conversion très incitatives mises en place par le gouvernement pour soutenir le marché. Déjà 60.000 voitures ont été vendues via cette aide sur un quota de 200.000 unités.

Ne pas fausser le marché

Mais si le responsable salue l'efficacité de ces primes, il plaide au nom des constructeurs qu'il représente pour ne pas faire durer la perfusion. "Cette prime à la conversion, c'est une évolution d'une prime qui existait déjà qui est devenue une sorte de prime à la casse. Mais pour un temps limité. On devait résoudre le problème de 400.000 voitures qui étaient stock dans nos concessions et qu'il fallait sortir pour retrouver un marché normal"

"Donc il y aura une fin à cette prime à la conversion. Peut-être une fin en sifflet parce qu'il ne faudra pas frustrer le 200.001ème personne qui n'y aura pas droit. (...) Mais ça ne va pas durer tout le temps et nous, on ne le souhaite pas parce qu'on ne peut pas avoir des ventes qui deviendraient non pas des déstockages mais des ventes par anticipation qui fausseraient le marché", insiste le responsable.

Et de rappeler l'exemple de 2009 où le maintient des primes avaient provoqué une distorsion "avec un marché 2013 qui avait plongé complètement". "Déstockage oui mais pas anticipation des ventes", résume François Roudier, en ligne avec Jean-Philippe Imparato, directeur de la marque Peugeot qui sur BFM Business comparait ces aides à des drogues.

La normalisation du marché devrait donc avoir un effet sur les ventes dans les prochains mois, prévient le CCFA qui table sur un recul global en 2020 de 20 à 30%, soit une contraction sans précédent.

Olivier Chicheportiche