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Les compagnies aériennes perdent "des milliards par jour" à cause du coronavirus

Le président de l'Association internationale du transport aérien est revenu à l'antenne de BFM Business sur la situation dramatique pour les compagnies aériennes, dont beaucoup d'avions sont cloués au sol. Il réclame désormais des aides des Etats, à hauteur de 200 milliards de dollars.

"Le sol se dérobe sous nos pieds". Sur BFM Business ce jeudi, l'ancien patron d'Air France et désormais président de l'Association internationale du transport aérien (IATA) ne cache pas son désarroi.

Avec la crise du coronavirus, le secteur aérien prévoit désormais "une baisse de chiffre d'affaires de 252 milliards de dollars, c'est-à-dire 40% du chiffre d'affaires annuel" explique Alexandre de Juniac. "C'est la crise la plus sévère à laquelle nous avons été confrontés" souligne-t-il. "Plus sévère que le 11-Septembre, plus sévère que la crise financière de 2008, que le SARS... C'est sans précédent."

"Non seulement, le virus se répandant, les Etats ont fermé les frontières (…) et donc le trafic a tout simplement baissé entre 80 et 90%" détaille Alexandre de Juniac. Et "deuxièmement, se conjugue la récession économique".

"Nous aider, massivement et très vite"

Comment s'en sortir? "Nous avons besoin de cash, nous avons besoin de trésorerie" détaille le président de l'IATA. D'autant plus que, si le secteur n'a plus aucun revenu, il a encore "des coûts à couvrir" comme les remboursements aux passagers. "Nous perdons des milliards par jour" poursuit Alexandre de Juniac. "Or, en début d'année, les compagnies ariennes, elles ont deux mois de trésorerie. (…) Si ça dure jusqu'à mi-juin, il y aura probablement la moitié des compagnies aériennes qui seront à court de trésorerie."

"On a demandé au gouvernement de nous aider, massivement et très vite, par tous moyens financiers" insiste Alexandre de Juniac, que ce soit "des garanties de crédit, des crédits, des avances de trésorerie, des prises de participation…". Le secteur demande ainsi 200 milliards de dollars aux Etats.

Vers une consolidation du secteur

Et le transport aérien est vital pour la reprise. "Quand la reprise économique viendra, et elle viendra, si le transport aérien est affaibli, on n'aura pas la connectivité nécessaire pour faire repartir les affaires" prévient le patron de l'IATA.

"Ce qui est à craindre, c'est qu'on ait un certain nombre de compagnies aériennes qui disparaissent" et que le secteur se consolide. "Et que le paysage industriel après la crise soit un peu différent avec un nombre un petit peu plus restreint de compagnies, probablement des compagnies un peu plus grosses qui auront absorbé les autres" souligne Alexandre de Juniac. Il espère surtout que ces compagnies seront "un peu plus fortes financièrement. Le secteur est trop fragile financièrement".

Thomas Leroy