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Les compagnies aériennes américaines réclament 50 milliards pour leur survie

En raison d'une dépressurisation de la cabine, l'avion a fait une rapide descente de 9000 mètres.

En raison d'une dépressurisation de la cabine, l'avion a fait une rapide descente de 9000 mètres. - Bruce Bennett - AFP

Cette requête reflète, selon Airlines For America, le lobby du secteur, une chute "sans précédent" de la demande, à un niveau bien "pire qu'après les attentats du 11-Septembre".

Les compagnies aériennes américaines ont appelé au secours les autorités lundi pour faire face à la pandémie de Covid-19, tandis que les mesures d'économie drastiques s'accéléraient en Europe.

Signe de la dégradation de cette crise sanitaire: le transport aérien américain demande des aides d'urgences pouvant aller jusqu'à 50 milliards de dollars au gouvernement fédéral pour survivre.

Cette requête reflète, selon Airlines For America, le lobby du secteur, une chute "sans précédent" de la demande, à un niveau bien "pire qu'après les attentats du 11-Septembre".

"Nous devons soutenir les compagnies aériennes. Ce n'est pas de leur faute", a déclaré le président Donald Trump peu après lors d'un briefing à la Maison Blanche, sans annoncer de mesures concrètes. "Nous allons devoir les soutenir", a-t-il insisté, ajoutant avoir déjà dit au secteur que le gouvernement fédéral allait l'aider.

Crise sans précédent

En Europe, Groupe ADP, qui gère les aéroports parisiens de Roissy-Charles-de-Gaulle et d'Orly, prévoit un recul du trafic de 25% sur ses principales plateformes à partir de mars et sur les quatre ou cinq mois à venir. Il va fermer une partie de ses infrastructures à Paris et des aéroports à l'étranger (Amman en Jordanie, Ohrid en Macédoine et Riga en Lettonie).

Ces annonces interviennent dans un contexte de crise sans précédent pour le transport aérien, qui avait déjà été lourdement affecté par les attentats du 11-Septembre, la crise financière de 2008-2009, ou encore en France par les attentats de 2015.

L'Association internationale du transport aérien (Iata) a demandé jeudi des mesures de soutien d'urgence, après l'annonce des mesures d'interdiction temporaire d'entrée aux Etats-Unis des voyageurs en provenance d'Europe.

Outre l'Italie, l'un des points chauds en Europe, plusieurs pays ont mis des mesures semblables en place avec leur lot de suppressions de liaisons aériennes.

Le groupe ADP, qui voit fondre à la fois les recettes des redevances aéroportuaires et celles des commerces et boutiques, "pourrait fermer davantage d'infrastructures si la baisse s'accélère", a expliqué à l'AFP le directeur général Edward Arkwright.

25% de trafic en moins à Roissy

Le groupe va soutenir ses clients en difficulté en proposant par exemple la suspension des redevances de stationnement pour les avions immobilisés sur les plateformes parisiennes du fait de la crise.

- Sécuriser la trésorerie -

Air France va mettre en place à partir du 23 mars, un dispositif de chômage partiel pour l'ensemble de ses salariés pour une période de six mois, mesure qui affectera en moyenne 50% du temps de travail, selon des sources syndicales.

Air France-KLM prévoit une réduction de son activité de 70% à 90% lors des deux prochains mois au moins. 

L'allemande Lufthansa, autre compagnie historique en Europe, va supprimer "jusqu'à 90%" de ses capacités de vols long courriers et maintiendra seulement 20% des capacités sur les trajets courts.

Sa filiale autrichienne Austria suspend tous ses vols réguliers à partir de jeudi et jusqu'au 28 mars.

Après plusieurs annonces la semaine dernière, la compagnie à bas coûts Norwegian Air Shuttle a encore durci les mesures lundi avec la suppression de 85% de ses vols et la mise au chômage technique de plus de 7.300 salariés, soit environ 90% de ses effectifs.

Remboursement des taxes

Outre-Manche, IAG, maison mère de British Airways, a annoncé prévoir une réduction de sa capacité de vols d'"au moins 75%" en avril et mai.

La low-cost britannique easyJet a prévenu que la "majorité de ses avions" pourrait être clouée au sol et dit craindre pour la survie des compagnies aériennes en cas de gel à long terme des voyages.

Même préoccupation chez son rival Ryanair qui prévoit le maintien au sol de "la majorité de sa flotte pour les 7 à 10 jours prochains". 

Les compagnies américaines, qui ont dû supprimer des milliers de vols, suspendu des liaisons transatlantiques, geler des embauches, ont besoin de 25 milliards de dollars en urgence et de 25 milliards supplémentaires en prêts à court et moyen termes.

Elles appellent également à un remboursement des taxes et redevances aéroportuaires versées depuis janvier et à leur suspension temporaire.

Pour limiter la propagation du Covid-19, les compagnies assurent une désinfection et un assainissement régulier des cabines. Alitalia exige depuis lundi le port d'un masque de protection par les passagers si la distance de sécurité d'un mètre entre les voyageurs ne peut pas être respectée.

OC avec AFP