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Le scénario noir pour Airbus qui pourrait obliger la France et l'Allemagne à intervenir

Airbus accélère encore en 2020, après une décennie magique

Airbus accélère encore en 2020, après une décennie magique - Airbus Group

Le constructeur européen est touché de plein fouet par les conséquences de la pandémie qui touchent le secteur aérien. Les compagnies aériennes vont devoir reporter leurs paiements, provoquant un sérieux trou dans la trésorerie du fabricant européen.

Pouvait-on craindre pire pour Airbus? La crise du coronavirus, qui oblige la Chine, une partie de l'Europe et de l'Amérique du nord à se confiner, est une catastrophe pour le secteur aérien. Les compagnies doivent annuler leurs vols sans savoir exactement quand ces derniers pourront reprendre. Pour Airbus, c'est donc une année noire qui s'annonce en termes de commandes et de livraisons.

Le groupe a déjà fermé ses usines pour 4 jours en France et en Espagne pour les désinfecter et organiser les chaines de production avec des effectifs allégés. Mais l’objectif est bien de les rouvrir rapidement car le maintien des cadences de production est vital.

16 milliards de cash

Le constructeur européen sait déjà que son carnet de commandes va baisser et que les compagnies vont retarder leurs livraisons et donc leurs paiements. Des "trous" de trésorerie qu’Airbus pourra gérer à court terme mais qui poseront problème si la crise dure.

L’avionneur dispose de 16 milliards d'euros de cash pour tenir plusieurs mois, assure un cadre de l'entreprise à BFM Business. Mais si les compagnies ne se relèvent pas d’ici la fin de l’année, la question d’une aide publique se posera. D’autant que les Etats français (11% du capital d'Airbus au 31 décembre dernier via Sogepa) et allemand (10,9% du capital via GZBV) sont ses deux principaux actionnaires. Bruno Le Maire a rappelé, ce mercredi sur BFM Business, que la France était prête à intervenir pour monter au capital des groupes en danger. 

Plongeon en Bourse

Un scénario noir pris au sérieux alors que la crise a commencé en janvier en Chine et qu’elle devrait s’étaler au moins jusqu’à l’été aux Etats-Unis. Son rival Boeing a déjà demandé un soutien financier au gouvernement américain.

Les deux groupes concurrents ont aussi fondu en Bourse ces dernières semaines : Boeing affiche un recul de -34,4% sur une semaine, -62% depuis le 1er janvier et -72% depuis son sommet historique touché le 28 février 2019, il y a à peine plus d'un an. Pas vraiment mieux pour Airbus qui enregistre un repli à 39,8% sur la semaine et 60,5% depuis le début de l'année 2020.

Thomas Leroy et Matthieu Pechberty