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Le gestionnaire du viaduc de Gênes, un géant italien très présent en France

Atlantia a accéléré son essor en France depuis deux ans où il a notamment racheté l’aéroport de Nice, et les autoroutes Sanef. Et son nom circule pour racheter les Aéroports de Paris qui seront privatisés l’an prochain.

L’effondrement du viaduc de Gênes en Italie déclenche un écho particulier dans le monde français des affaires. Le gestionnaire de l’autoroute italienne A10, qui emprunte le viaduc, n’est autre qu’Atlantia. Un géant mondial des infrastructures contrôlé par la célèbre famille Benetton. Inconnu en France, Atlantia y est pourtant déjà très présent dans toutes les infrastructures. Des aéroports aux autoroutes, en passant par les tunnels.

Il a d’ailleurs multiplié les investissements depuis deux ans dans l’Hexagone. En 2016, il a racheté l’aéroport de Nice pour 1,7 milliard d’euros à l’État qui l’avait privatisé. Il comprend également l’aéroport de Cannes et de Saint-Tropez.

En mars dernier, il a également racheté par surprise 15% du capital de Getlink, le nouveau nom d’Eurotunnel, qui exploite le tunnel sous le manche. Le groupe italien exploite aussi la partie italienne du tunnel sous le Mont-Blanc.

Candidat à la privatisation d’Aéroports de Paris

Mais c’est au printemps qu’Atlantia a réalisé son "plus gros coup". Il a racheté le groupe espagnol Abertis, propriétaire de Sanef, le réseau d’autoroutes du Nord et de l’Est de la France que l’Etat français avait privatisé en 2006. Cette pépite distribue tous les ans 100% de ses bénéfices en dividendes pour ses actionnaires.

Atlantia est surtout très attendu en France pour la prochaine privatisation des Aéroports de Paris. Annoncée par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire dans sa loi Pacte, elle aura lieu l’été prochain. Avec le Français Vinci, Atlantia est l’autre grand spécialiste mondial des infrastructures qui devrait être candidat à la privatisation de Roissy et d’Orly. À moins que l’accident du viaduc de Gênes n’entame ses chances.

Matthieu Pechberty