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La Pologne va-t-elle entrer dans le capital d'EADS?

EADS, en parallèle, cherche à augmenter sa présence en Pologne.

EADS, en parallèle, cherche à augmenter sa présence en Pologne. - -

Selon la presse polonaise de ce mercredi 4 décembre, Varsovie envisagerait de prendre une participation de 1 à 2% dans le capital du groupe d'aéronautique et de défense. L'objectif pour le pays serait de renforcer la coopération militaire au niveau de l'Union européenne.

Après la France, l'Allemagne et l'Espagne, la Pologne va-t-elle être le dernier pays souverain à entrer dans le capital d'EADS? Le journal polonais Dziennik Gazeta Prawana de ce mercredi 4 décembre rapporte en tout cas que Varsovie songe à prendre une participation de 1 à 2% dans le capital du groupe européen d'aéronautique et de défense.

Le but pour l'Etat polonais serait de renforcer la coopération militaire au sein de l'Union européenne. 

"Nous étudions les possibilités, les pour et les contre, que pourrait apporter à l'industrie polonaise d'armement une telle participation dans EADS", a déclaré Jacek Sonta, le porte-parole du ministère polonais de la Défense. "Il s'agit de donner une chance aux sociétés d'armement polonaises d'être présentes sur le marché européen", a-t-il ajouté sans autre commentaire.

La Pologne face à "l'entreprise normale"

Plusieurs éléments ne jouent pas forcément en faveur de l'entrée de la Pologne dans le capital d'EADS. Le groupe a, en effet, réduit au minimum sa dépendance aux Etats actionnaires.

A l'heure actuelle, Paris et Berlin détiennent chacun pour 12% du capital d'EADS, et Madrid 4%. Cette structure du capital traduit la transformation du groupe d'aéronautique, celle qui doit faire d'EADS "une entreprise plus normale" dixit son directeur de la stratégie et du marketing, Marwan Lahoud.

Avec cette nouvelle organisation, l'entreprise s'est affranchie d'une grande partie de l'influence de Paris et Berlin, qui disposait auparavant d'importants droits de veto. Outre ces deux pays, la banque russse VEB, véritable bras armé financier de Moscou, a vendu en août dernier sa participation de 5% dans le groupe.

Le but est notamment de s'attirer les faveurs du Pentagone, important client en matière de dépenses militaires, qui n'apprécie pas trop les groupes étrangers ayant directement des Etats impliqués dans le capital. La sortie de la banque russe VEB a notamment pu être perçue comme un moyen de rassurer Washington.

En revanche, EADS cherche de plus en plus à s'implanter en Pologne. Il y a deux jours, lundi 2 décembre, le groupe a affirmé vouloir augmenter significativement sa présence dans le pays.

Julien Marion avec Reuters