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La gratuité des transports publics en Ile-de-France coûterait 3 milliards d'euros

En Ile-de-France, l'usager paye 28% du coût des transports publics. Leur éventuelle gratuité ôterait environ 3 milliards de recettes sur les 10 milliards d'euros gérés par Ile-de-France Mobilités (ex-STIF), a rappelé Valérie Pécresse, présidente LR de la région.

L'éventuelle gratuité des transports publics en Ile-de-France, vue comme une mesure choc de lutte contre la pollution et l'engorgement des villes par la voiture, pose la question du financement: qui paierait à la place de l'usager ?

En réaction à la déclaration de la maire de Paris sur le lancement d'une étude sur la gratuité des transports en commun, Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, sur l'antenne de Radio Classique, a prévenu Anne Hidalgo qu'elle ne pouvait "pas faire cavalier seul" sur l'éventuelle gratuité des transports dans la capitale.

La gestion d'une mesure de gratuité relève d'Ile-de-France Mobilités

Au-delà du contexte politique tendu entre les deux patronnes des collectivités, la responsable de l'exécutif régional a mis sur la table la question clé du financement d'une telle mesure. "Il ne doit pas y avoir un euro en moins de recettes pour Ile-de-France Mobilités" a déclaré Valérie Pécresse. "La gratuité, à la fin, il y a toujours quelqu'un qui paie. Je ne connais pas de service qui soit entièrement gratuit", a surenchéri Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, sur France Inter, en notant qu'"on peut le financer, c'est parfaitement légitime, par l'impôt, par des taxes, par un mécanisme qui permette de dire que demain on circulera gratuitement".

Une telle mesure de gratuité relèverait de toute façon d'Ile-de-France Mobilités (ex-STIF), le syndicat qui finance et organise les transports collectifs de la région, que Valérie Pécresse préside aussi.

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En Ile-de-France, comme dans la plupart des collectivités, les recettes provenant de l'usager ne couvrent que très partiellement le coût total des transports collectifs. Elles ne représentent que 28% du budget total d'environ 10 milliards d'euros géré par Ile-de-France Mobilités. Même minoritaires dans le financement total de l'exploitation des transports collectifs, ces rentrées d'argent représentent, à l'échelle de la première région de France, des sommes très importantes en valeur.

"La vente des tickets, ça rapporte trois milliards d'euros à Ile-de-France Mobilités chaque année. Donc il faut trouver ces trois milliards. Si ce ne sont pas les voyageurs qui paient, ce seront les contribuables qui paieront d'une manière ou d'une autre", a ajouté l'ancienne ministre en charge de la région.

Les employeurs financent près de 50% des transports

En fait, ce sont les employeurs (PME, grandes entreprises, organismes publics) qui financent le plus les transports collectifs au travers du versement transport (VT). Celui-ci est acquitté par les employeurs franciliens sur leur masse salariale respective, et sa part s'élève à 42,4%, soit près de 4 milliards d'euros à l'échelle de la région. Les entreprises contribuent aussi au financement par le biais du remboursement du titre de transport de leurs salariés (8,7%).

Les concours publics (subventions) représentent, avec 18,8% la troisième source de financement. Le reste (3,1%) est constitué par des recettes issues de la publicité, des contraventions ou la vente de produits résiduels.

Frédéric Bergé