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L'avenir de PSA se joue ce dimanche

PSA tient ce dimanche 19 janvier une réunion décisive pour procéder à son augmentation de capital.

PSA tient ce dimanche 19 janvier une réunion décisive pour procéder à son augmentation de capital. - -

Le conseil de surveillance du groupe automobile se réunit, ce dimanche 19 janvier, pour se pencher sur les divers scénarios devant conduire l'entreprise à augmenter son capital. La famille Peugeot est divisée sur la piste à privilégier.

PSA va plancher sur son avenir, ce dimanche 19 janvier. Le conseil de surveillance du constructeur automobile va ainsi se réunir pour examiner les différentes options devant conduire le groupe à augmenter son capital.

Jusqu'ici, le scénario privilégié était une émission de 3 milliards d'euros réservée à seulement deux nouveaux actionnaires, le chinois Dongfeng, un partenaire de PSA avec lequel il co-détient plusieurs entreprises en Chine, et l'Etat français.

Avec la reprise des marchés, la donne aurait désormais changé. Selon Le Monde et l'agence Bloomberg l'option qui tiendrait désormais la corde mélangerait à la fois une entrée au capital de Dongfeng et de l'Etat, pour 500 millions d'euros chacun, avec un recours au marché pour les deux milliards restant.

Cette solution mettrait alors à égalité Dongfeng, l'Etat et la famille Peugeot qui se retrouveraient alors chacun avec des participations équivalentes dans le capital du constructeur, entre 12 et 15%.

La famille Peugeot divisée

Mais cette option ne fait pas totalement l'unanimité au sein de la dynastie Peugeot qui détient actuellement 25% du capital et 38% des droits de vote. Robert Peugeot, à la fois membre du conseil de surveillance et président la holding familiale FFP, y est favorable.

En revanche, Thierry Peugeot, le président du conseil de surveillance, la refuserait catégoriquement. Il plaiderait ainsi pour une levée totale sur les marchés, excluant de facto l'arrivée au capital de Dongfeng et de l'Etat.

Son argument principal: le récent recrutement de Carlos Tavares, ex-bras droit de Carlos Ghosn chez Renault, en tant que nouveau numéro deux et futur numéro un de PSA, est de nature à doper la confiance des investisseurs. Carlos Tavares a d'ailleurs tenu, vendredi 17 janvier, une réunion avec les syndicats de la marque au Lion, où il a affirmé qu'il se donnait "100 jours pour faire l'état des lieux" et aurait fait forte impression auprès des représentants du personnel.

Le redressement en jeu

Toute la réunion de ce dimanche visera à trancher entre la première solution, appuyée par Robert Peugeot, et la seconde, proposée par son cousin Thierry. La dynastie compte deux autres membres, Jean-Philippe Peugeot et Roland Peugeot, au sein du conseil de surveillance.

Selon Le Monde, Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des Finances et ancien élu de Montbéliard, le siège de Peugeot, a rencontré mardi 14 janvier la famille pour convaincre ses membres d'arriver à une position commune.

Des sources proches du dossier interrogées par l'AFP indiquent que PSA espère pouvoir présenter les grandes lignes de son montage financier lors de la présentation de ses résultats annuels, le 19 février prochain.

De cette décision dépend le redressement de PSA qui, en 2013, a tenté de réduire ses pertes tout en poursuivant son développement à l'international. Le groupe brûle néanmoins tous les mois pour 100 millions d'euros de cash.

Julien Marion